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ciel de béton (ryven) #1
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Naven Evankhell
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⎨il fait du bruit l’silence quand
il creuse la place d’ton absence. ⎬


Il est léger ou peut-être lourd, prêt à s’envoler comme un oiseau, s’écraser comme une goutte d’eau tapant contre les carreaux. La tête posée contre la vitre, il observe la vie qui se meurt et qui se ranime, les bras qui s’étreignent et qui se retirent les lumières qui se ravivent et qui s’éteignent. Il observe, spectateur silencieux d’un monde qui s’était dissocié de lui, des euphories, des regards qui s’illuminent; le voile flou couvre son regard alors qu’il s’imagine ce qu’il aurait été s’il avait été encore là; lui. Le sourire doux qui fleurit, ses doigts qui glissent sur son verre et qui enserrent les reliefs de bois — sa violente et cruelle ironie, sa mauvaise foi et sa poigne qui le secouait quand il était endormi. Qu’allait-il faire sans tout ceci? Sa voix, quelque peu agaçante mais dont les critiques étaient devenues une routine à sa vie, son expression aux airs de je le savais, je te l’avais dit. Qu’allait-il faire si son seul bourreau, seul régent de ses folies n’était plus ici?

Ses mèches retombent devant ses pupilles fatiguées alors qu’il quittait le bar qu’autrefois il était tant habitué à arpenter à ses côtés, la tête hoché vers le côté, les yeux qui scrutent le paysage gris, infini et si lourd à observer. L’angoisse s’était logée au creu de son coeur ralentit, fatigué, affaibli par les émois incessants. Ses membres, habitués à trembler au rythme de son rire nerveux et puissant qui avait attaqué sa mâchoire à l’instant précis où il réalisait à quel point il était devenu inutile et pathétique.
Saoul, il retombe quelques années en arrière, la maturité des âges disparue, l’acidité des mots qui s'évaporent; il rit alors qu’il avait l’impression d’avoir tué. d’avoir volé une vie qui comptait tant pour lui. Il est heureux, parce qu’il est saoul, parce que c’est beau la vie, c’est beau de pouvoir arpenter les rues en toute légèreté, c’était beau tout ça; comme hier, comme aujourd’hui et demain. Il était alors incapable de penser, réfléchir en toute cohérence, d’se soucier de contre qui il finirait par s’écraser.
Un amant ou une moitié? Un ami ou un ennemi qui voudrait le voir crever? Pourquoi pas alors, l’océan qu’il aimait tant contempler? Frôler de ses pieds nus le sable fin et l’eau salée, entendre le murmure des vagues étouffer le vacarme de ses sanglots qui ne savaient plus s'arrêter.

Et pourquoi pas?
pourquoi p a s.

ne faire plus qu’un avec elle
pour que tout ça se taise.

et que tout ce manège
puisse

e n f i n


s ’ a r r ê t e r.

 
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Scythe Orwell
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— âge : (27 ANS)) les âges insaisissables qui jamais ne trouvent d'emprise sur son visage, la froideur d'un regard, la morsure de sa hargne, si lisse de son indifférence qu'on se surprendrait presque à le trouver fatalement immonde.
— statut civil : ((CÉLIBATAIRE)) le coeur oublieux de ces considérations surfaites, parfaitement humaine. Son coeur, il l'a dur et inflexible Orwell. Le froid, il l'avait atteint jusque là.
— allégeance : Il est FIDÈLE À L'ORDRE, par convention, par habitude et par amour de cette tranquillité qu'il affectionne aujourd'hui à demi-mesure. Mais il ne fait pas battre son coeur. Il n'y a aucune flamme, aucune conviction lorsqu'il y songe, juste la caresse persistante de cette cruelle indifférence.
— métier : Enfant, il s'imaginait homme de lettre, professeur à défaut de bibliothécaire. Il en avait l'éducation et l'irrépressible passion, des mots qui s'enchaînent en fable, des fables qui se meurent en histoire. De leur infini justesse, de leur exactitude complexe. La mort, il ne l'avait jamais vraiment comprise. Jusqu'à devenir un SCYTHE.
— nom de naissance : Kyren Akhan
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— 13.11.18 19:23 —



⎨il fait du bruit l’silence quand
il creuse la place d’ton absence. ⎬


Il n’avait jamais eut à la porter, sa culpabilité - elle s’était faire étrangère, aussi volatile que le visage de sa tendre mère. Orwell, il l’avait laissé s'étioler, fleur fanée qu’il avait piétiné sans regret. Parce que la vie, aussi tendre soit-elle, ne s’encombrait pas de regret. Il n’y avait nulle équité, nulle déité sur cette terre gangrénée par la nature humaine, il n’y avait que l’étreinte glacée des ombres renversées, un cycle ininterrompu qui avait besoin d’être régulé.
Il y avait Orwell et il y avait eut Ren, Kyren.

Ses lèvres se refermèrent autour de la miche de pain brioché - il les avait toujours apprécié. C’était quelque chose de simple, un plaisir du quotidien, de ceux qu’il avait apprit à chérir parce qu’il le savait bien Orwell, qu’un jour son heure viendrait. Comme pour tout. Comme pour tout le monde. Parce qu’il aimait beaucoup de chose Orwell, quoi que le monde en pensait. Il aimait la sensation des grains de sable glissant sous ses pieds nus,  la fraîcheur de la brise marine, l’immensité des océans, la caresse de l’écume. Il aimait lorsqu’elle se glissait taquine contre la chaire tendre de ses cheville, qu’elle atteignait au plus profond de sa chaire, tout contre son échine. Oui Orwell aimait, il aimait de cette insouciance paradoxale, ivre de cette simple possibilité de pouvoir aimer, anesthésié face à tout ce qui s’échappait à la conception de sa moralité: comment pouvait-on rejeté ce que la vie, mutine, nous tendait à bout de bras, à corps et à cris?
Distrait, il se le demandait, alors que ses yeux se posait sur le grand corps qui vacillait. Saoul . Sans aucun doute, imbibé de ces mauvais vins qu’on trouvait parfois aux comptoirs des bars clandestins. Laid, c’est tout ce qui lui venait. Parce que ce n’était pas beau, l’ivresse qui irradie jusqu’aux artères, qui vous noie jusqu’aux rigoles des veines. Alors oui, il était laid Raven aux yeux d’Orwell, aux yeux de Ren. Il était laid alors que son corps pas assez stable vacillait, un peu en avant, un peu en arrière, alors qu’il hésitait dans cet étrange ballet connu de lui seul, comme s’il ne savait qui étreindre entre la mer et les cieux, le sable froid ou la morsure de l’eau. Est ce qu’il mourrait s’il se retrouvait immergé, le corps éclaté contre le fracas pas si lointain des rocher?

Il n’avait pas envie de savoir.

Il n’avait pas envie de voir.

Naven était mort pour Raven. Naven s’était donné pour son frère. Une vie contre une vie - comment pouvait-il oser la gâcher ainsi?


- tu ne devrais pas être comme ça.


Tu ne devrais pas faire ça.
A quel moment s’était-il rapproché? Avec son regard pas assez compréhensif et cet air indifférent qu’il trimballait toujours aux coins des lèvres. Et ses mauvaises manières, cette brusquerie inconsciente qui ne souffrait jamais de réprimande, surtout pas lorsque sa main pas assez tendre se referma sur son épaule.

- qu’est ce qui ne va pas chez toi?

Orwell, sans doute avait-il oublié comment être autre chose qu’une parodie, comment être un peu plus qu’une caricature d’une inhumanité accrue.


 


Dernière édition par Scythe Orwell le 13.11.18 23:47, édité 2 fois
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— 13.11.18 21:04 —



⎨il fait du bruit l’silence quand
il creuse la place d’ton absence. ⎬


my cold heart forget its method to call you. Dans un coin de sa tête subsistait une lueur de lucidité, un maigre doute, une infime faille qui s’était creusé de ses regrets qui l’alcool n’avait su noyé. Et si lui en aurait voulu de penser ainsi? De croire que la mort mettait la fin à la peine, que le départ éteindrait le brasier des émotions qui le renversait sans cesse. Parce qu’il était désormais le seul détenteur de la vérité; d’un jumeau sans sa moitié, d’un Raven sans son Naven; d’un frère qui aurait choisi de s’éteindre plutôt que de voir son autre s’écrouler. C’était beau, peut-être admirable mais surtout cruel. D’partir et laisser le mensonge s’ancrer dans les pensées, de disparaître et de faire crouler le poids des culpabilités sur l’aîné. — L’adulte-adolescent qui n’avait jamais sû agir comme on l’aurait espéré, le gosse qui rêvait éveillé, oubliait ses responsabilités pour s’enfuir loin des exigences qu’on lui imposait; l’enfant qui espérait les miracles sans jamais savoir comment les réaliser qui attendait encore ses contes de fées, les récompenses sans les efforts durement menés.
Et d’un coup, tout s’était effondré, espoir déliquescent en de maigre pétales fanés. Le frère arraché par la faucheuse, et cette vile comédie qui s’était déroulée. D’une mère qui s’effondrait dans ses bras avec une phrase qui résonnait si faux dans sa propre mélodie : “Raven est parti.” Raven, Raven, mais maman, il n’est jamais parti. toi qui a toujours été si absente tu y as toi-même cru à toute cette folie. à confondre ton propre sang sans savoir qui avait été choisi.

Un pas qui s’avançait, son esprit qui s'embrasait. jusqu’à ne plus penser. jusqu’à uniquement sentir le froid de l’eau gelée et le poids de ses pieds dans le sable s’enfoncer. Soudainement, une interruption, une voix qui résonnait. Un semblant d’autorité d’une personne qu’il ne semblait que peu préoccupée.  

J’devrai être comment pour toi? pas comme ça? pas à sourire ainsi? tu te prends pour qui?

Il a un rire gras, tourne légèrement les talons et il parti dans un ricanement dément, essuyant ses larmes avant de faire trois pas en avant et de le dévisager longuement, d’une fausse confiance-insolence du fond de ses yeux vitreux, tremblant légèrement, frigorifié par la température de l’eau et ses pensées ravagées par la folie.

t’es qui pour me dire ce que je devrais faire?

Ce qui était pitoyable et grotesque, c’était cet abandon réel qui reposait au fond de ses pupilles, ces appels de détresse qu’il avait noyé de cette envie de disparaître. peut-être qu’il lui aurait juste suffit de quelqu’un. D’un quelqu’un qui aurait su qu’il était encore en vie. qu’il s’appellait Raven et qu’il était meurtri par la mort d’un frère qu’on lui avait injustement pris.

quelqu’un qui se fait du souci pour moi?

Parce qu’il avait refusé toute aide, toute confidence, tout contact depuis. Ni même ses anciens amis ou des proches de Naven; jusqu’à même l’amante. Il s’était découvert tout aussi pourri, à jouer la déprimante comédie et prétendre qu’il était toujours en vie; de son cynisme à ses terribles manies — jusqu'à perdre ses repères et sombrer dans l’oubli.

mais tu ne me connais même pas. tu ne sais même pas qui je suis.

Il renifle et n’attend même pas qu’il réagisse, oublie d’écouter, de regarder ou d’espérer un geste pour le raisonner. Il fit un pas en avant, à mi-cuisse, grognant de rage avant de manquer de perdre l'équilibre et de vaciller entre la vie et l’inertie.


 
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— métier : Enfant, il s'imaginait homme de lettre, professeur à défaut de bibliothécaire. Il en avait l'éducation et l'irrépressible passion, des mots qui s'enchaînent en fable, des fables qui se meurent en histoire. De leur infini justesse, de leur exactitude complexe. La mort, il ne l'avait jamais vraiment comprise. Jusqu'à devenir un SCYTHE.
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— 13.11.18 23:45 —



⎨il fait du bruit l’silence quand
il creuse la place d’ton absence. ⎬


Il avait les yeux rouges - rouge sang, rouge fatigue, rouge insomnie. Ils étaient humides et un peu gonflé comme s’il peinait à dormir, à se reposer. Il aurait dû s’en émouvoir Orwell, il aurait dû sentir quelque chose. Quelque chose qui viendrait accélérer la cadence de son palpitant, qui lui ravirait son souffle, ferait vaciller son univers, la constance de ses hémisphères. Il aurait dû sentir les premières traces de compassion, une esquisse, un croquis, un schéma, un vulgaire échantillon. Mais il n’y avait que l’amorce du mépris, un trait de perplexité retranscrit dans son regard glacé. A quoi bon sacrifier sa vie  pour une poupée déjà damnée par son flagrant manque de volonté?

- Tu ne devrais pas être ce poivrot qui tient à peine debout au bord de l’eau.

Un constat qui se noyait dans le ressac de la houle, elle brassait le désordre de ses habits dans une gangue sombre et épaisse, le corps balloté par les bras venteux  des zéphyrs. L'obscurité l’enlaçait dans une apathie sourde, une intempérance juvénile qui accompagnait l’anarchie de ses mots - ils sortaient de sa bouche dans une cacophonie entêtante, désordre des sens et dessein de ses dérélictions. Il y avait quelque chose là, dans le creux de ses pupilles que le scythe ne pouvait retranscrire, une solitude à fleur de peau dont il s’était toujours contenté et qui l’enveloppait comme une vieille amie. Il y avait quelque chose de vulnérable dans cette colère rentrée, une peau tâchée de vermeille retranscrite sous le voile de ses paupières. Orwell, il se souvenait, de l’expression qu’avait eu le frère lorsque la lame avait transpercé la chaire de son épiderme - cet air un peu ébahi, vaguement surpris de celui qui se sentait mourir. Et peut être - peut être qu’il l’avait vaguement regretter, de s’être sacrifier, lorsque le sang avait lentement engorgé sa traché, lorsque les yeux s’étaient écarquillés, les doigts crispés sur son palpitant ravagé. Peut être qu’il regretterait maintenant s’il le voyait, Raven.
Ce déchet tenant à peine debout qui semblait prêt à tout sauf à savourer la chance insolente qui le sauvait.

- Bien sûr que si je sais que tu es. Tu es Raven.

R a v e n.
Le miraculé, l’enfant sauvé par le sang versé de la brebis sacrifié. Celui qui le remerciait de la plus basse des façons, sans vraiment comprendre le pourquoi du comment. Ren observait. Là où Orwell jugeait. C’était une étrange dichotomie de l’esprit, cette habitude de toujours tout analyser avec un avant et un après. Mais il ne savait même plus s’il y avait un avant et un après et pas juste un tout qui inévitablement les renverserait. Est ce que Naven avait été le tout de Raven ou était-ce simplement trop dur pour Raven de vivre sans Naven? C’était là la question posé au creux de cette nuit muette, celle qu’il ne prit pas la peine de formuler avant de s’en détourner, son regard pensif s’attardant sur son corps à demi-immergé.


Mais si Naven avait eu tant d’importance pour Raven pourquoi cracher sur le cadeau qu’il lui offrait?


- Je me demande si cette image de toi que ton frère avait en mourant. Un ivrogne pas assez raisonnable pour s’épargner les affres de la noyade.

S’il se doutait que Raven n’était qu’une lune dénué d’étoile sans son regard posé sur son visage, assez brillante pour illuminer l’encre du ciel mais beaucoup trop aveuglé pour le voir elle même. Il ne comprenait pas Orwell, comment on pouvait ainsi se perdre en chemin. Il ne comprenait pas. Ou ne voulait pas comprendre. Parce que sur son visage, régnait ce masque confortable de cette éternelle indifférence qu’il baladait comme un petit miracle. L’indifférence, elle lui seyait bien. Elle avait le délicat goût du mensonge lorsqu’elle s’apposait sur ses lèvres tendres. Mais peut être la portait-il depuis bien trop longtemps pour qu’il n’y songe.


 
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— 14.11.18 1:16 —



⎨il fait du bruit l’silence quand
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Oh.

Un soupir décousu en une mélodie sombre, un zéphyr chatoyant de ses plumes obscures les ombres; c’était lui. C’était bien lui. Raven. Raven — Corbeau; Corbeau, Raven. C’était peut-être laid d’être nommé ainsi. Dirait-on immonde d’être appelé comme cet oiseau de mauvaise augure. C’était moche. Si moche d’être ce prénom voué à être dévoré par l’autre moitié. Mort, crevé; ou peut-être pas, même pas, si personne ne l’avait un jour remarqué comment pourrait-on dire qu’il avait un jour existé? Il s’était alors juste évaporé. Envolé, échappé à travers les barreaux de la maigre vie dans laquelle on l’avait enfermé. Raven — Il n’avait jamais été rien de plus qu’une virgule dans le passage d’une vie et le point final de celle d’un frère qui ne lui avait jamais demandé son avis.

Et alors qu’il tentait de poursuivre son chemin incertain, il s’était retrouvé paralysé. La stupeur le paralysant sur place, réalisant qu’après tout; ces mots-là l’avait retourné. Les questions fusent dans son esprit pourtant trop embrumé, incapable de cerner le mensonge de la réalité; pourquoi? comment? t’es qui bordel ? tu te prends pour qui pour oser prononcer ce prénom qui m’avait tant meurtri? maudit? Ses dents claquent, ses pieds raclent le sable humide alors qu’il se tourne dos dans un geste désespéré de fuite, ramenant ses avant-bras contre son torse. Ca faisait mal. Ces mots-là. Ceux qui n’avaient évoqué ni rage, ni colère. Uniquement de la honte et une infinité de peine. Une étincelle lancée dans l’essence de ses vagues-à-l'âme; un brasier d’une douleur trop vive et trop personnelle.

Peut-être qu’il n’y avait jamais pensé à tout ça. à ce qu’en penserait Naven s’il mourrait. S’il mourrait aussi bêtement alors qu’il avait peut-être choisi de sacrifier ses rêves pour lui. mais après tout c’était sa faute. Pourquoi être aussi stupide, de choisir de faire vivre le rêveur lorsqu’on était le prodige? Choisir des aspirations stériles lorsqu’on avait l’opportunité de vivre? Pourquoi Naven avais-tu choisi ce chemin? A forcer l’entrée des enfers pour s’y enfoncer. Devenir la cicatrice-peine, l’unique marque profonde du mal-être et des regrets.

Il le savait très bien. j’ai toujours été ce.... genre de frère-là. Il aurait dû le savoir ça! que je ne peux pas vivre avec un tel poids. quoi qu’on en dise. j’en veux pas d’cette vie. je n’en veux pas!

Il était de ces fleurs fanées, aux épines fines et aiguisées, des celles qui ne cherchaient ni à plaire ni à charmer, montrant les crocs avant même de se sentir menacés. Il avait toujours été ce genre de cyclone à cataclysme; pourtant face à son frère il avait toujours su y trouver l'accalmie. Un zéphyr de sincérité, une mer d’huile qui ne cherchait même pas à se parer d'hypocrisie. D’un honorable courage et un rire léger et timide. De ses yeux en demi-lune plissés, et de la chaleur de ses étreintes qui pouvaient presque étouffer. Raven ça avait été aussi ce garçon-là. ce genre-là qui n’avait jamais eu l’occasion de se révéler sous le ciel et ses éclats lorsque la vie l’avait forcé à devenir prédateur plutôt que proie.

mais… comment m’as-tu reconnu?

Alors que la solitude l’avait immolé dans le feu de son désespoir, il était apparu. Lui, l’inconnu aux cheveux foncés et au regard impassible. Lui qui avait su d’une seule phrase le sauver de la noyade. “je sais qui tu es. Tu es Raven”. Et son prénom n’avait jamais été d’une sonorité aussi douce et cruelle à la fois.



 
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Scythe Orwell
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— 27.11.18 0:32 —



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Il avait regagner la berge mais l'eau était là, partout, dans son regard, dans l'épuisement qui alourdissait ses bras. Elle était là, intangible mais pourtant si envahissante qu'elle en devenait presque palpable - est ce qu'il coulerait s'il venait à poser sa main sur son bras?

De l'eau, il en avait plein les pupilles.
De l'eau, il en décelait dans le désespoir de ses soupirs, dans le vacarme ses cris étouffés, ravalés, meurtris.  L'eau, c'était les silences de Raven, c'était l'espoir écumant de son ignorance et même pire - l'illusion de sa reconnaissance. L'espoir, il y en avait dans les iris noyés d'azur qu'il redressa vers lui, dans son murmure devenu chuchotement, dans son chuchotement devenu cri - il résonnait si fort soudainement, dans sa tête, dans sa chaire, dans chaque maudit recoin de son être.
L'eau - c'était Raven ou presque.
Raven était son mensonge et la plus impropre de ses dérélictions et c'était probablement plus grave que l'espoir seul qu'il incarnait sur son rivage.

- Peut-être qu'il n'aurait pas dû te faire confiance.

Il avait le dégoût sur ses cils et le mépris sur la langue.
Il avait l'indécence de sa déception qui ternissait le marbre de son regard à chaque fois que le feu de son attention courrait sur son épiderme à la carnation trop pale - avait-elle un jour reluit d'un tout autre éclat? Il en avait cette légère curiosité, car Kyren était toujours curieux de tout là où Orwell se contentait de peu. Mais la situation actuelle, des désillusions, n'étaient pas faite pour démontrer ce qui tambourinait dans son avarice, son égoïsme ou son détachement. Il était là pour personne ne parvenait pas à se détourner de lui. De Raven et de sa vérité - avait-il le droit d'y échapper? Après tout, la vérité était une vieille amie dont il n'avait jamais su se détacher. Elle était celle dont la brûlure aussi vivace soit-elle, finissait par s'effacer. Mais les mots butaient - juste au creux de l'oesophage - ils peinaient. L'intrusion aurait pourtant dû être spontanée, libératrice, mais profondément dérangeante. Ce n'était pas du regard, non pas encore. Simplement.. autre chose.

- Je ne t'ai pas reconnu. Je sais simplement qui j'ai glaner.

Dans sa presque violence.
Dans son comportement.
Dans cette vérité trop crue qu'il lui jetait au visage avec perte et fracas. Orwell il l'avait élevé en une phrase, en un souffle, en un regard - Je sais qui tu es. Pour finalement le laisser tomber, le visage morceler, écrouler à ses pieds.

- Raven le frère de Naven.

Sa peine ne lui tirait aucune satisfaction. Il n'y avait chaleur ni frémissement qui troublait le paisible battement de son palpitant. Alors sans doute était-ce un peu trop, un peu trop rude, un peu trop provoquant, un peu trop cassant, si bien qu'il aurait dû en rougir, mais c'est bien connu: il n'est qu'un corps anesthésié, à la chaire écartelé comme une charogne abandonné sur ses rochers. Orwell, Orwell il l'observait. Il observait Raven et sa déchéance. Raven et son errance au goût d'intempérance. Il observait.
Et il se demandait s'il avait bien fait.

 
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— 04.12.18 22:55 —



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d’un coup sec, alors qu’il cherchait simplement de quoi allumer l’un des dernières cigarettes de son paquet, le tiroir fût déboité de la table poussiéreuse dans son cruel manque d’adresse. (crissement - craquement - tourment) à l’instant où le fracas du contenu fût soudainement réduit à de simples bruits à moitié effacés, là où la chute d’une simple photographie suffisait alors à retourner toute son indifférence et son estomac — désormais vidé. Simple cliché, de cette double-moitié, unique entité, de ce sourire qui continuait à le hanter — de sa voix qu’il continuait alors à entendre sous le ciel de béton résonner.

Conscience dissipée, entre envie d’en finir et d’espérer; elle fût brutalement retrouvée alors qu’un éclair gelé le pourfendait; l’entropie de son corps l’avait alors soudainement frappé de plein fouet; incapable de réfléchir sans sa lucidité, et pourtant, incapable non plus de réellement abandonner son once de rationalité, surtout face à une si précieuse opportunitée qui venait d’être entamée. Parce peut-être qu’il méritait d’être écouté, de devenir cette opportunité pour lui faire changer d’avis dans ses pulsions incontrôlées. Peut-être, parce qu’il semblait soucieux, quoique quelque peu froid, ou peut-être était-ce sa sincérité qui l’avait touché? Cette honnêteté dans ses mots qui semblaient pourtant si peu calculée, pourtant dans une précision méticuleusement étudiée. Ou peut-être qu’il lui plaisait, lorsqu’il l’avait dévisagé de la tête aux pieds, des yeux en amandes à ce rictus en demi-teinte contrôlée, dans son timbre de voix, si peu usuel : doux et aussitôt glacé, comme un pétal pastel ramassé au creu d’une fleur givrée.

Alors il était ce quelqu’un qui méritait son intérêt, ce quelqu’un dont les conseils et la simple présence l'aideraient sûrement à sortir du goufre et retrouver l’air frais.
peut-être.
peut-etre.
qu’il s’était trompé.

Quand l’éclair avait tout décimé, quand, finalement la rose était en réalité couvertes d’épines et d’une cruauté insoupçonné. Dans ces mêmes mots, souffle chaud et soudainement couteaux, quand l’attente devient la déception, la révélation; vérité dont il aurait préféré ignorer le son.
“glaner”. c’était laid comment ce mot se formait le long de ses lèvres gercées, odieux sous la mélodie de sa voix détachée. Son insensibilité, son manque d'intérêt alors qu’il avait et ce, depuis le début conscience de la situation de son action irraisonnée.
Il s’était moqué. Il était venu se moquer de cette punition qu’il lui avait infligé. C’était peut-être pour ça qu’il était aussi froid, aussi méprisant, aussi…. violent.

Et c’était ce qui avait suffi à le sortir de sa transe, à faire affluer le sang dans ses muscles, à faire carburer ses dernières réserves d’énergies. Il quitta alors le rivage avant de bondir sur le faucheur sans réellement réfléchir à ce qu’il pouvait risquer : d’attraper son col et sans plus attendre le faire chuter — quoique maladroitement (réalisant qu’il était bien plus quand que lui) en l’entrainant malgré-lui en avant; s’emprisonnant lui-même entre ses bras enfoncés comme des piliers; devenant aussitôt intimidé incapable de maintenir le contact visuel malgré la haine; fatalement couvert de honte.

j’oubliais ce détail. toi, e-enfin vous - les f-faucheuses vous ne pourriez jamais comprendre ce genre de situation, ce genre d-de douleur. de malheur. parce qu’après tout personne ne compte pour vous. Après tout qui pourrait se sentir humain lorsque son passe temps est de tuer? C’est fou pas vrai? C’est tellement….

la marée haute déborde, les larmes coulent à flot, incapable de maintenir son sang-froid Raven éclate en sanglot, proie à la haine; à la haine de lui, hanté par ses démons familiers, et désormais aveuglé au point de ne plus se soucier de ce qu’il était en train de vociférer; réalisant qu’il cherchait seulement un fautif là où il n‘y avait que lui en réalité, une excuse à ses propres torts et son terrible péché.

est-ce qu’il a souffert?

murmure.




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— âge : (27 ANS)) les âges insaisissables qui jamais ne trouvent d'emprise sur son visage, la froideur d'un regard, la morsure de sa hargne, si lisse de son indifférence qu'on se surprendrait presque à le trouver fatalement immonde.
— statut civil : ((CÉLIBATAIRE)) le coeur oublieux de ces considérations surfaites, parfaitement humaine. Son coeur, il l'a dur et inflexible Orwell. Le froid, il l'avait atteint jusque là.
— allégeance : Il est FIDÈLE À L'ORDRE, par convention, par habitude et par amour de cette tranquillité qu'il affectionne aujourd'hui à demi-mesure. Mais il ne fait pas battre son coeur. Il n'y a aucune flamme, aucune conviction lorsqu'il y songe, juste la caresse persistante de cette cruelle indifférence.
— métier : Enfant, il s'imaginait homme de lettre, professeur à défaut de bibliothécaire. Il en avait l'éducation et l'irrépressible passion, des mots qui s'enchaînent en fable, des fables qui se meurent en histoire. De leur infini justesse, de leur exactitude complexe. La mort, il ne l'avait jamais vraiment comprise. Jusqu'à devenir un SCYTHE.
— nom de naissance : Kyren Akhan
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⎨il fait du bruit l’silence quand
il creuse la place d’ton absence. ⎬


Il avait chuté.
Le constat avait quelque chose d'étrange.
Il avait chuté sans même chercher à se rattraper

Ca s'était brisé, dans son regard, des digues fendillés qui avaient finit par céder pour s'épancher dans le fracas de d'une fureur chuchoté - ça résonnait en lui, sur lui, si fort qu'il aurait put l'avoir crié, si fort qu'il aurait put l'avoir hurlé. Il n'y avait rien de tangible auquel se raccrocher, rien de rassurant contre lequel il aurait put se recroqueviller. Il n'y avait qu'Orwell. Orwell et ses mots en tessons de bouteilles qui lui lacéraient la chaire. Orwell et ses mains malhabile, crispés sur ses épaules, qui semblait hésiter. Hésiter entre simplement le repousser et le laisser s'épancher. A l'écouter sa douleur, sa rancoeur. Incapable de s'y projeter, de pleinement la mesurer. Incapable de frémir d'indignation face à l'horreur de ses propos actions. Il était comme un tableau inachevé, un coeur sans moitié qui battait dans une cavalcade désordonné, une histoire sans fin ni continuité qui avait elle même oublier comment elle pourrait s'achever.

Alors il n'y avait plus que sa main qui se posait sur sa nuque.
Il n'y avait plus que son regard perdu dans le ciel.
Son immobilité.


Avait-il souffert Naven?


- Oui, il a souffert.

Ca faisait mal, d'expier son dernier souffle, de sentir la vie s'échapper, se figer dans cet entre-deux qui n'avait aucune issu si ce n'est cette éternité figé. Il avait surement souffert Naven, mais le dire aussi crument, en cet instant, paraissait quelque peu inapproprié. Comme écraser un lapereau qui peinerait à se redresser. Alors Orwell, il se tait, un peu, sa main sur sa nuque, un soupir au bord des lèvres, avec l'humidité qui s'infiltre sous ses vêtements et la mer qui se fracasse à ses oreilles. Il se sent comme radeau, un bout de bois jeter à l'eau qui maintiendrait à flot la carcasse d'un lapereau. Incapable de savoir s'il résisterait à la brise mais réticent à se décharger de son fardeau.

- Mais pas longtemps.

Un soupir, et il ne bougea pas, ses doigts remontèrent jusqu'aux mèches éparpillés qui ne semblaient pas vouloir se replacer - ces cheveux étaient comme lui, un pauvre peuple d'insoumis, des bouts rien assez téméraire pour s'en prendre à la mort et le regretter la minute d'après. Sa tête s'incline, le menton glisse et son regard sur la vallée de ses cernes, sur les sillons de ses larmes. Il n'y a rien de beau dans cette tristesse là, rien qui ne saurait faire frémir son palpitant comme le courage de son frère l'avait fait. Et pourtant, pourtant, il y a comme un écho. Une résonance quelque part, contre le grain de peau, contre ses doigts qui l'enserrent et le soumettent à cette immobilité dont il ne souhaite pas réellement se détacher. Raven ne le bouleversait pas comme Naven mais Naven n'avait put le retenir comme Raven.

- J'ai fais en sorte que ça ne le soit pas inutilement en tout cas.

Orwell il regrettait de ne pas avoir un peu plus de Ren. Des vestiges de l'enfant qu'il avait été et qui avait un jour, peut être, sut réconforté. Sécher les larmes sur les joues glacé, raccrocher des étoiles dans les iris embrasé et réparer les digues fendillés des coeurs morcelés. Peut être qu'il désirait être ce qu'il n'avait jamais été en vérité, un adolescent exempt de tout péché que rien n'aurait sut détourner de l'essence même de son humanité.
Une âme inchangé.

 
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