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OUVERTURE DE ANIR
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how can i mourn what i decided to bury (michail)
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— scythe —
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Scythe Newton
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— Messages : 26
— pseudo : dirge (amandine)
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— âge : ( vingt huit ) années passées à courir après le vent, le temps. passées à se faner de roses en épines à ne plus savoir où saigner que pour continuer à exister. il saigne et il aime l’enfant de la nuit, quand bien même tout cela lui est interdit.
— statut civil : ( célibataire ) le cœur au charnier d’avoir aimé trop, trop vite. l’organe conspué d’avoir souffert face à l’indicible, l’inévitable d’une séparation. il regrette son amertume, méprise sa jalousie et pourtant ne sait comment s’en défaire quand il ne serra à jamais marié qu’à sa cause.
— pouvoirs : ( inferni) douloureusement assumé, il n'a jamais été donné au beauchamps d'oublier ses origines, ni la réalité de sa nature. pourtant indifférent au feu alimentant son être, cela fait longtemps qu'il rejetta cette part de son être.
— allégeance : ( l'ancien ordre ) pour toute école de pensée, les scythes sont sa famille et leur mission sa destiné. érudit suivant la voie de son maître, scythe sand, il continue à soutenir ce dernier malgré l'opprobe qui l'incombe.
— métier : ( scythe ), amant d'une mort les bénissant de son linceul, il est la main armée d'un destin qu'aucun ne peuvent éviter.
— nom de naissance : ( ilyah beauchamps ), identité oubliée au gré des ans. les soubresauts d’une mémoire lui rappelant l’issue d’une histoire différente. celle d’être un homme différent, peut-être un jour devenir parent. Il n’en était rien. il n’en sera jamais rien.
— disponibilité rp : 1/4 (fr,en)
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— 01.11.18 22:33 —

So, here you are
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Never enough for both.


Dépositaire d’un devoir de mémoire le dépassant, Newton était le gardien d’une amnésie volontaire. Le poitrail ouvert au monde, il portait à même les côtes une nécropole sacrée. Chaque nouveau nom gravé à même ses os fatigués, il sentait parfois les sépultures fleurir en ses bronches, les chrysanthèmes lui emplissant la trachée l’empêchant de respirer. Les heures s’étiolaient entre les doigts du scythe, les instants fanaient. Apôtre de l’inévitable, il était devenu cavalier sans tête, corps sans visage quand il traversait le pays pour accomplir son office. Les mains fermement accrochées aux rênes de sa monture, l’homme contemplait les horizons sans vie d’un royaume de glace. Paysage fait de noir et blanc, il n’était de chaumière en vue, pas même la fumée d’un feu pour lui rendre l’espoir de croiser un signe de vie. Main armée d’une loi qui n’était pas sienne, il traversait les toundras glacées de ces pays dont on ne revenait pas. Newton était néant. Il était absence. Abysse en lequel le monde s’épanchait au point que n’existe en son poitrail plus qu’une étincelle de vie. C’était dans la mort que le brun avait découvert la vie. Dans le glanage qu’il avait trouvé une raison à cet ordre précaire qu’était celui d’une existence défaite autrement de sens. Scythe Newton était un homme de bien peu de foi. Pourtant, sa foi était inébranlable. L’épée à son flanc compagne de ces heures sacrificielles où le sang se devait de couler afin d’abreuver les entrailles du monde.

Malgré des années d’un entraînement implacable, chaque fragment de son être brisé dans le but de se faire autre, Ilyah n’avait jamais pleinement accepté le poids de son suaire. Enfant loup, il ne pouvait ignorer l’appel de la lune, le hurlement des plaines en lesquelles il se perdait jusqu’à ne plus savoir comment rentrer chez lui. Il était un enfant sauvage, destiné à la traque comme l’avaient été les générations de Beauchamps le précédant. Portant la grâce destinée à un être de son rang, sa cape jurant avec l’ébène de la robe de son destrier, il était de ces prédateurs incapables de s’arrêter avant la première coulée de sang. Il sentait croître en lui cette faim insatiable l’ayant autrefois inquiété, cette excitation délictueuse pour laquelle tant de ses frères se faisaient parjures. Cependant, il ne pouvait ignorer le frémissement ayant pris ses membres, ces trépidations le brisant en dedans. Il avait suivi l’homme depuis la capitale, sa traque une affaire de bien peu d’effort pour un être de son étoffe. Sans difficulté, le scythe avait compris que ce dernier se rendait à H’rinsky. Quand bien même la chasse le rendait émoi, Newton n’éprouvait qu’indifférence face à sa proie. Il avait vu des gens devenir grâce face à la mort. Il en avait vu d’autres devenir infamie, l’opprobe de leurs derniers instants tachant jusqu’à leur dernier souvenir. Faucheuse ne s’intéressant aux problèmes des hommes, il n’emportait avec lui que leurs noms. Leur dernier regard. Puis, s’il conservait en son être leur souvenir, il était de son devoir de les honorer.

Ce fut le corps las de son voyage, son destrier abattu par la fatigue qu’il atteignît les abords du fief des Virmund. Menant sa bête à une étable qu’il avait fréquentée à plusieurs reprises enfant, ce fut le visage couvert d’une épaisse écharpe et la capuche de sa cape lui tombant dans les yeux qu’il entra dans la forge attenante. Le bruit du métal rencontrant le métal était assourdissant, le rythme saccadé de l’acte emplissant les lieux avec plus de prestance qu’aucune voix n’aurait pu le faire. Les yeux posés sur l’homme lui tournant le dos, quand le scythe n’était qu’indifférence, son alter ego n’était qu’incertitude. La vision troublée par les heures de route, cette fatigue lui lacérant l’être, peut-être imaginait-il ce qu’il désirait voir plus qu’il ne le voyait véritablement. Peut-être qu’il était pareil à ces échoués rêvant une île quand tout ce qu’ils voyaient était la mer. Buvant la tasse comme il pouvait, l’homme se racla la gorge, sa voix un éclat de tonnerre plus assuré encore que les coups de la masse pliant l’acier. “Bonjour, j’aurais besoin d’un maréchal-ferrant pour mon cheval.” Figé dans l’instant, la masse s’étant élevée en un arc créateur, l’homme déposa l’objet alors que son corps s’était fait marmoréen. Statue recouverte de suie, sous l’épaisse couchée d’ébène s’esquissaient toujours les traits élégants d’un être marqué par la vie. Lui-même forgé à base des métaux les plus solides, le Rostov n’était qu’alliage brut quand le Beauchamps l’avait connu. Ils n’étaient que deux gamins à qui la vie avait tout pris et pourtant qui n’avaient encore jamais rien perdu. Maintenant, Ilyah ne savait plus trop bien ce qu'ils étaient. Tout deux avaient trop vécus.

Les prunelles de Michail étaient sombres, plus sombres que dans le souvenir de son vis-à-vis. Sa carrure plus massive, son dos plus droit. Le silence coincé entre ses lippes était dévastateur, coup qu’il attendait de porter une fois qu’il aura décidé d’écouter son cœur ou non. D’un mouvement marqué par l’habitude, le scythe retira ses gants avant de porter sa main droite à sa capuche. Dévoilant l’ébène de sa crinière, il porta ensuite ses doigts à son écharpe, offrant à voir à son ancien ami un visage marqué par les années. Il n’était pas d’embrassade pour les individus comme eux, aucune parole pour combler le vide. Il n’y avait que du silence entre leurs doigts, rien que cette indifférence marquée par la rancœur. “Je souhaiterais aussi connaître la moindre information que tu aurais sur un certain Edmund Alasdair.” Le défiant du regard, Newton sentait le silence entre eux s’épaissir alors que le feu de la forge grondait.
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— drüskelle —
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Michail Rostov
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— âge : [27 ANS] il ne compte plus les années qui défilent, que sont-elles pour un homme comme lui ? il n'est qu'actes et prouesses.
— statut civil : [MARIE] contre son gré, fardeau qu'il subit depuis deux ans déjà, tolérant à peine la femme à qui on l'a lié. son coeur est prisonnier d'un fantôme dont il ne peut se libérer.
— allégeance : [ROYALE] cette nouvelle reine qui prouve être digne, en restaurant l'ordre des druskelles auquel sa famille aspire depuis des siècles.
— métier : [DRUSKELLE] fier héritage d'un temps passé, jamais les dragons n'ont-ils arrêté leur activité, donnant désormais la mort au grand jour.
— tell me your story :

it's always darkest before the dawn

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— 05.11.18 19:28 —

La chaleur était étouffante, écrasante sur ce dos courbé par l’effort. Les quelques gouttes de sueurs qui osaient naitre sur ce front aux reflets safranés se voyaient aussitôt épongés par un poignet nonchalant. On enviait, de l’extérieur, cet homme auprès d’un feu rutilant, alors qu’eux se faisaient mordre par cette bise glaciale du grand Nord : si seulement savaient-ils ! Néanmoins, les soucis avaient été délaissés sur le pas de la porte, auprès des fourrures trempées par les neiges fondantes, auprès de la louve blanche dont le léger grognement cédait à l’emprise de Morphée : l’oreille perdue dans les harmonies métalliques, l’esprit alors se confinait dans un néant sans bruit. Il n’y avait pas plus lénitif que ces heures passées dans la chaleur réconfortante de l’antre familiale, seul et en paix. Il se laissait bercer par le tintement des objets qui résonnaient entre ces doigts, oubliant alors épouse encombrante, mère illusionniste, sanguinolente besogne et l’éternelle solitude à laquelle il se vouait. Ici, plus rien n’existait : la forge se faisait entre-deux, limbes indéfinies où la mort côtoyait la vie, où ni l’une ni l’autre n’était réellement ; seul le feu existait, et ce retentissement incessant qui percutait ces tympans et l’isolait du reste.

On pénétra, sans un bruit, dans cet asile singulier : la silhouette s’avançait sans que le maitre dragon ne s’en aperçoive, le regard tenu par la tâche. On ne l’interpella qu’après une longue observation dont il n’aurait jamais connaissance. « Bonjour, j’aurais besoin d’un maréchal-ferrant pour mon cheval. » Les muscles, aussitôt, se raidirent, et la tête se releva. Michail fixait le mur face à lui, l’intrus dans son dos, incertain des sonorités entendues ; peut-être après tout s’étaient-elles mêlées à l’éclat des métaux et, qu’ensemble, avaient créées une relique ancienne, vestige d’un temps oublié. Mais l’idée n’arrivait à réellement s’ancrer dans son esprit, et malgré la cécité qu’il s’imposait, il ne pouvait nier connaitre l’identité de l’homme. Cette voix, il l’avait entendue tant et tant de fois qu’elle lui était impossible à l’oublier – le savait-il, lui qui avait tant essayé. On abandonna le métier, regrettant déjà ce geste-là : peut-être aurait-il pu jouer la surdité, et ne jamais se retourner, et ne jamais renouer. Sans doute cela aurait été plus facile, plus supportable peut-être, mais déjà les quinquets d’argent écaillé glissaient sur cette silhouette coiffée. Il n’y avait plus de retour en arrière.

Ils restèrent ainsi un moment, sans savoir combien exactement, à se contempler, s’observer, se lorgner, sans en dire plus. Le passé les frappait dans cet antre où le présent se suspendait, sans penser au futur qui approchait. Ce fut des plus violents, cette répercussion de ce que l’on pensait enterré : mais la vie chassait la mort, et redonnait des couleurs aux souvenirs enfouis. Presque alors entendait-il les rires d’autrefois dans le crépitement des flammes, ceux de deux gamins malmenés par les leurs, mais qui pourtant refusaient de se laisser abattre par des circonstances plus grandes qu’eux. Son visage ne se détourna pas de cette ombre incongrue, quand bien même aurait-il voulu découvrir les souvenirs qui se jouaient dans les flammes, et revivre à jamais cette vie insouciante qui datait d’un temps lointain. Mais tout cela n’était plus, ne subsistait que le rien d’une amitié chassée, écrasée, réduite en éclats. Ils n’étaient rien, si ce n’est un tout de néant, de souvenirs conjugués au passé.

Michail contourna l’établi, déposant ses outils par-dessus, ces gants finement cousus délaissés parmi eux. Le fer se refroidit, omettant déjà les reflets rougeâtres, les lumières immaculées, qu’on s’était échiné à lui confier. Tout se perdait, filant entre des mains impuissantes, sans jamais pouvoir être rattrapé. Seuls quelques pas furent esquissés, avant que l’on ne s’arrête : la distance devait demeurer, et l’absence de celle-ci se soldait par un danger sans nom. Michail haussa, dans un geste négligé, ses épaules musclées. Le visage affichait une moue éponyme, et on détourna le regard de cette relique qui lui brûlait la rétine. « Vous avez dû vous tromper d’endroit. Ce n’est pas ici que vous aurez ce que vous recherchez. Votre Honneur. » L’insolence pointait dans sa voix, à son apogée sur les dernières notes : la moquerie était certaine, pour lui qui jamais ne s’embêtait de tels titres. Ces révérences n’étaient que foutaises et vétilles sans importance, les utiliser n’était que sarcasme et indiscipline : certainement n’allait-il pas courber l’échine devant cet être qu’il pensait si bien connaitre, mais sur lequel il s’était tant fourvoyé. Le visage se révélait enfin sous une mise en scène méticuleuse, et celui qu’il savait là lui apparut enfin : il n’avait pas changé – une pensée qui lui foudroya l’endocarde. Pensait-il de même ? Les voyait-il encore comme les gamins d’autrefois ? « Je souhaiterais aussi connaître la moindre information que tu aurais sur un certain Edmund Alasdair. » qu’on continua sans grande hésitation, comme si l’animosité de l’autre n’était qu’illusion. Michail hocha doucement le menton, découvrant sans grande surprise les puissants jouer aux souverains : le contraire l’aurait étonné. Son ordre se revendiquait indépendant et habile, a contrario des glaneurs à l’arrogance et domination qu’on ne se peinait plus à dissimuler. « Hm. Je pensais que c’était à toi de faire tout cela. Les scythes ont donc atteint un tel niveau d'orgueil qu’ils délèguent leur travail au premier venu ? » Les iris glissèrent sur cette silhouette malvenue, qu’ils dédaignèrent non sans s’en cacher, et Michail se détourna de l’homme. « Tu trouveras rien ici, Ilyah. Repars d’où tu viens. » Il vaut mieux pour tout le monde, s’empêcha-t-il d’ajouter d’une morsure sur la langue, reprenant déjà ses gants et se remettant au travail. L’inconnu était chassé.
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— scythe —
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Scythe Newton
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— âge : ( vingt huit ) années passées à courir après le vent, le temps. passées à se faner de roses en épines à ne plus savoir où saigner que pour continuer à exister. il saigne et il aime l’enfant de la nuit, quand bien même tout cela lui est interdit.
— statut civil : ( célibataire ) le cœur au charnier d’avoir aimé trop, trop vite. l’organe conspué d’avoir souffert face à l’indicible, l’inévitable d’une séparation. il regrette son amertume, méprise sa jalousie et pourtant ne sait comment s’en défaire quand il ne serra à jamais marié qu’à sa cause.
— pouvoirs : ( inferni) douloureusement assumé, il n'a jamais été donné au beauchamps d'oublier ses origines, ni la réalité de sa nature. pourtant indifférent au feu alimentant son être, cela fait longtemps qu'il rejetta cette part de son être.
— allégeance : ( l'ancien ordre ) pour toute école de pensée, les scythes sont sa famille et leur mission sa destiné. érudit suivant la voie de son maître, scythe sand, il continue à soutenir ce dernier malgré l'opprobe qui l'incombe.
— métier : ( scythe ), amant d'une mort les bénissant de son linceul, il est la main armée d'un destin qu'aucun ne peuvent éviter.
— nom de naissance : ( ilyah beauchamps ), identité oubliée au gré des ans. les soubresauts d’une mémoire lui rappelant l’issue d’une histoire différente. celle d’être un homme différent, peut-être un jour devenir parent. Il n’en était rien. il n’en sera jamais rien.
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— 07.11.18 21:58 —

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Les instants étaient devenus fragiles pour le scythe, rien de plus qu’une tragique suite de moments désordonnés forcés à l’oubli quand entre les doigts de l’infini ils ne pouvaient exhaler. Diligent cavalier forcé de porter le deuil de son reflet, Ilyah s’oubliait dans ces secondes d’aparté. Ces fragments d’infinis durant lesquels il devenait autre. Ces moments contemplatifs où le passé n’avait pas d’emprise. Puisqu’il n’était plus lui. Puisque l’autre n’était jamais autre. Puisque dans ces peut-être fanés, ils fleurissaient. C’était l’âme forcée de revivre le deuil de leurs toujours égarés qu’il épaulait son devoir. Les secondes se faisaient parfois heures quand l’homme n’avait à cœur de se délester du poids d’un anonymat salvateur. Ilyah se perdait à l’ombre de ces minutes d’incertains, quand il n’était plus tout à fait lui. Quand pourtant il n’était rien de plus. Juste instant, l’homme s’accordait cette illusion douce amère, celle de ne jamais avoir disparu, de ne jamais avoir cédé à l’indolente unique source d’éternel. Tous le méprisaient, tous le condamnaient pour un choix qui n’avait jamais été pleinement sien. Déchiré entre ce qu’il n’aurait jamais pu devenir et ce qu’il était forcé d’être, lui aussi s’étranglait sur l’amertume de leurs souvenirs. Lui aussi condamnait leurs langues si promptes à haïr quand il avait offert sa dévotion à la seule chose faisant sens en ce monde.
Leurs retrouvailles auraient pu être douloureusement différentes. Les deux hommes rien de plus que deux anciens amis que la vie avait déchirés l’espace d’un instant. Au lieu de quoi, l’oblation de son âme pour unique relique du chemin parcouru, le scythe n’était qu’étranger aux yeux du drüskelle. Tout au plus, un indésirable que ce dernier souhaitait chasser de sa demeure avant de reprendre le travail de ces gens honnêtes dont il ne savait rien. Les traits crispés, le brun se contenta de s’humecter les lèvres alors que son ancien ami raillait ce pour quoi il avait sacrifié sa vie. Le Rostov n’était rien de plus qu’un rustre pédant face auquel Newton n’aurait jamais dû s’attarder. Néanmoins, les prunelles tâchées par l’encre de ces nuits l’ayant adopté, il observait son ancien ami s’approcher. Bête sauvage refusant la captivité, Michail le défiait de sa nonchalance. Le défiait de cette effronterie qui les avait autrefois liées. Il était grand l’homme lui faisant face. Il était fier à porter ses croyances avec l’assurance damnée de ceux qui se refusaient à douter. Malgré lui, Newton se prenait à vouloir arracher le sourire négligé de son faciès. Il sentait croître en lui l’épaisse fumée de ces rages sans feu. Celles qui s’enflammaient aussi vite qu’elles finissaient par s’éteindre. Celles qui laissaient au Beauchamps l’arrière-goût acescent d’une vie qui n’était pas vécue.
S’il observait l’abysse, le scythe savait que l’abysse l’observait en retour, offrant à son opposée de contempler les marques que le temps lui avait laissées. Cette langueur dans les prunelles ainsi que ces souffrances que sa peau arborait avec fierté. Quand bien même le silence était une île en laquelle les deux arrivaient à coexister, l’homme savait ne pouvoir séjourner en ces terres d’infortunes plus longuement. Son devoir était une croix qu’il portait avec docilité, l’oubli un destin qu’il peinait pourtant encore à accepter. Le Rostov n’avait jamais manqué de témoigner à son ami l’amertume qu’il portait pour l’Ordre que ce dernier avait rejoint. Quand ils se parlaient encore, Michail était de ces insensés espérant vainement voir Ilyah changer d’avis. Pauvres rêveurs forcés à l’insomnie. La mâchoire crispée, il dévoilait les crocs le loup. Dévoilait ces lippes retroussées en un sourire exempt de toute chaleur alors que ses prunelles pesaient de plus en plus lourd sur la carne du forgeron. Le scythe savait être autant jugé par le blond qu’il ne jugeait ce dernier. Il savait aussi ne pas pouvoir abattre toutes ses cartes sans risquer que ce dernier ne le jette à la rue. Quand bien même les deux avaient été élevés à la même forge, fers battus par la rage, les flammes alimentant leur hargne, ces derniers n’avaient jamais été aussi dissimilaires qu’à cet instant. Si Ilyah avait pris le noir, sa cape un blanc aveuglant qui se refusait à être ignoré, Michail était couvert de suie, les ténèbres clamant fiévreusement leur champion.
Je pourrais aisément trouver ces informations ailleurs, Michail. Cependant, je crains que tu n’apprécies point les méthodes qu’il me faudrait appliquer afin de débusquer l’insensé ayant pris la fuite.” L’homme avait beau prétendre l’ignorer, retourner à son établi comme si son travail était affaire plus urgente, le scythe savait qu’il fallait bien peu de pression pour que les êtres de sa trempe ne s’écaillent. Mâchant les mots de son ancien ami, Ilyah savait qu’il n’avait rien à espérer de cette bicoque aux murs trop frêle pour contenir les hommes en son sein. Il savait qu’il n’avait rien à trouvé auprès du Rostov, rien à prouver à ce dernier. Cependant, le myocarde un coucou brisé à force de battre de travers, il ne pouvait s’empêcher de chercher. “Je ne possède pas les manières barbares de certains de mes confrères, mais tu dois bien savoir que personne n’est supérieur à la mort. Je me dois d’appliquer sa volonté.” Quand bien même celle-ci était toujours imbibée du sang de ses victimes, chaque nouveau nom, aussi aléatoire soit-il, rien de plus qu’un nouveau cercueil qu’il lui fallait construire. Luttant contre l’apathie du Rostov, contre cette fureur qui ne demandait qu’à imploser en son poitrail, Ilyah savait que ses propos enflammeraient l’homme. Il savait aussi que ces derniers étaient tristement emplis de vérité. Plus l’Alasdair cherchait à fuir son destin, plus ce dernier emportait d’individus en sa tombe. Personne ne pensait à la faucheuse, personne ne songeait au bourreau forcé d’accomplir le travail d’une mort que rien ne pouvait endiguer. Ils se contentaient de le haïr pour les actes qu’il posait. Ils se contentaient de le couvrir de chrysanthèmes, conspuer son souvenir en l’alourdissant d’une culpabilité n’ayant jamais été sienne. “Nous pouvons nous entretenir de manière civilisée, ou tu peux continuer d’agir comme un gamin offensé. Quel que soit ton choix, je ne bougerais pas tant que mon office ne sera pas accompli.” Peu importait l’ampleur de ce dernier, une fois que le sang se mettait à couler cela ne faisait plus aucune différence.
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