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silence in my blood (iseult)
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— scythe —
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Scythe Newton
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— Messages : 36
— pseudo : dirge (amandine)
— avatar + © : mdaddario + ultraviolences(ava) + cendre the bg (family gif) + siren charms (sign) + tweek (icons)

— âge : ( vingt huit ) années passées à courir après le vent, le temps. passées à se faner de roses en épines à ne plus savoir où saigner que pour continuer à exister. il saigne et il aime l’enfant de la nuit, quand bien même tout cela lui est interdit.
— statut civil : ( célibataire ) le cœur au charnier d’avoir aimé trop, trop vite. l’organe conspué d’avoir souffert face à l’indicible, l’inévitable d’une séparation. il regrette son amertume, méprise sa jalousie et pourtant ne sait comment s’en défaire quand il ne serra à jamais marié qu’à sa cause.
— pouvoirs : ( inferni) douloureusement assumé, il n'a jamais été donné au beauchamps d'oublier ses origines, ni la réalité de sa nature. pourtant indifférent au feu alimentant son être, cela fait longtemps qu'il rejetta cette part de son être.
— allégeance : ( l'ancien ordre ) pour toute école de pensée, les scythes sont sa famille et leur mission sa destiné. érudit suivant la voie de son maître, scythe sand, il continue à soutenir ce dernier malgré l'opprobe qui l'incombe.
— métier : ( scythe ), amant d'une mort les bénissant de son linceul, il est la main armée d'un destin qu'aucun ne peuvent éviter.
— nom de naissance : ( ilyah beauchamps ), identité oubliée au gré des ans. les soubresauts d’une mémoire lui rappelant l’issue d’une histoire différente. celle d’être un homme différent, peut-être un jour devenir parent. Il n’en était rien. il n’en sera jamais rien.
— disponibilité rp : 1/4 (fr,en)
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— 01.11.18 14:06 —

You are shaking fists & trembling teeth.
I know: You did not mean to be cruel.
That does not mean you were kind.


Des vertus du silence il n’avait gardé que l’absence pour égide, c’était l’être dépouillé de sa substance immatérielle qu’il traversait les nuits à la recherche d’un équilibre finissant toujours par manquer. Serviteur d’une faucheuse l’ayant sanctifiée, il était devenu intouchable le gamin rêvant de toucher l’opaline. Il était devenu autre une fois la ramure des dédiés à l’obscure apposé à son front. Couronné par l’effroi d’un devoir n’étant que néant, il contemplait l’abîme béant, les crocs de la démence s’abreuvant à sa trachée. Les nuits se faisaient jours. Peut-être était-ce l’inverse. Les jours coulaient dans la nuit. Leur sève se répandant le long du firmament jusqu’à le tacheter de ses lumières. D’heures passées à la recherche de l’absolu en toute sa vérité, le scythe noircissait les pages de son journal avec plus de dévotion qu’il ne mettait de mots sur ses silences étouffants. La gorge fermée sur les secrets de sa personne, il avait le dos droit, les mains salies de ce carmin qui refusait de s’effacer. Pourtant, Newton n’éprouvait aucun regret, jamais honte n’avait fleuri entre ses lippes quand il accomplissait son devoir avec la diligence des hommes de foi.
La pointe de son stylo grattait le papier, le jeune homme figeant ses pensées en plein vol avant de les étaler à même les pages de son journal. Le réveil était rituel, la routine figée dans la glace. De ses premiers instants de conscience jusqu’à arborer le linceul de son devoir, Newton était une créature d’habitude. Les ombres dansaient le long des persiennes alors qu’en dehors de sa chambre dépouillée de toute vie le monde s’éveillait en un silence alangui. Fort de ces moments de clarté, le sommeil lui dégoulinant encore des prunelles quand le monde restait endormi, le scythe se faisait mot. Il se faisait parfois art, étalant le long de ces pages les fresques de sa mémoire. La tristesse dans le regard d’une femme accueillant la mort bras ouverts. La rage d’une autre refusant de s’éteindre sans un dernier cri. Parfois, rescapés perdus entre les lignes, il reconnaissait leurs prunelles défaites. Le souvenir de leurs derniers mots ravivé à sa mémoire quand il se perdait en explosion de rage. Le charbon glissait sur le papier, les lignes devenaient courbes alors qu’il en oubliait ce qu’il cherchait à dire, à oublier. Sand lui avait offert le goût du sacrifice, la catharsis unique source d’absolution pour les êtres de leur étoffe. C’était toujours avec une diligence solennelle qu’il se pliait à la tâche, brisant sa propre volonté pour retrouver la voie lui étant destinée.
Ilyah s’était effacé au profit de Newton. De la même manière dont le scythe semblait s’effacer au profit de la nature, sa cape d’un blanc immaculé disparaissant sous l’épaisse couche de neige recouvrant l’Ice Court. Le pas leste, la démarche pressée, il sentait leurs prunelles s’attarder sur son échine. Leurs yeux enlaçant sa silhouette de leurs inquiétudes muettes alors qu’il redoutait sa main autant qu’ils vénéraient les joyaux de son devoir. Rien de plus que des bagues de promesses défaites lui brisant les doigts, Scythe Newton était de ces âmes discrètes toujours capables de se fondre dans la foule quand bien même il était destiné à se détacher de la masse. L’espace d’un instant, le cœur charnier, il sentit le doute fleurir en ses bronches, son souffle glacé s’échappant incertain de sa gorge. Il était encore temps de s’arrêter, de rebrousser chemin. Il était toujours temps de panser la plaie, laisser au temps le devoir de cicatriser leurs regrets. Pourtant, les flocons couronnant sa crinière d’ébène, il était figé sur place.
La calèche s’arrêta face à l’homme, ce dernier incapable de lutter contre la familiarité du véhicule. Celui-ci même qu’il avait pris à tant de reprises avec ses parents et sa fratrie. Le coeur devenu violence, il sentait l’animal gronder en son buste, s’écrasant contre les barrières de sa prison sans jamais cesser de feuler. Ignorant la bête, le malaise se répandant en sa trachée, la porte du véhicule s’ouvrit, dévoilant sa défunte jumelle. Ou peut-être était-ce lui le défunt. À force d’oubli, le brun ne savait plus trop bien. S’avançant vers la porte ouverte, il tendit sa main vers une Iseult douloureusement mal assurée face au malotru osant afficher son faciès en ces lieux où il était clairement non désiré. “J’ai vu le blason Beauchamps et il aurait été de mauvais ton pour moi de ne pas venir témoigner mes sincères salutations.” Son sourire portait cette arrogance que la jeune femme lui avait tant de fois reproché. Sa main gantée une offrande qu’elle conspua sans un regard, descendant du véhicule par ses propres moyens pendant que son frère ramenait vers lui l’objet rejeté. Il savait. C’était idiot. Mais il savait que la brune était attendue. Il savait qu’elle se devait de quitter ses pénates afin de fouler de son pas leste l’endroit où étaient enterrés les derniers fragments de son frère. “N’ai-je donc pas même le droit au respect m’étant du? Ou peut-être tes pensées sont elles accaparées par le concordium à venir.” Joueur d’échec déplaçant ses pions sur l’échiquier, à force de souffrir cette solitude aliénante Ilyah en avait oublié qu’à aucun moment ses proches n’avaient à le défier en ses jeux.
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— drüskelle —
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Iseult Beauchamps
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— âge : VINGT-NEUF ANS, vieille, c'est ce qu'on aime lui dire. majorité passée depuis maintenant bien des années, iseult est devenue femme, elle est devenue grande, forte, mature, terriblement capable d'ôter la vie à n'importe qui. les années se sont écoulées et iseult est toujours seule, si seule qu'on se demanderait parfois si elle ne terminera pas vieille fille, avec comme seule compagne son épée.
— statut civil : CELIBATAIRE, bientôt fiancée, l'échéance va tomber comme un gong, alors qu'iseult n'a jamais aimé qu'un seul homme et que celui-ci est cruellement hors de sa portée. elle n'avouera jamais ses sentiments, ni ses intentions, mais l'idée même d'être courtisée par un autre, promise à un autre l'offusque terriblement.
— pouvoirs : HEARTRENDER, Un pouvoir terriblement satisfaisant qui n'en laisse pas un indifférent. De ses longs doigts, elle sait faire courber l'échine à n'importe qui quand l'envie lui en vient, alors qu'elle tient entre ses mains les organes les plus vitaux d'un humain. Elle ne peut tuer, ne peut qu'immobiliser, mais c'est juste assez pour la faire jouir de la puissance de ce don qu'on lui a offert.
— allégeance : la résistance grisha, ucucucucuc
— métier : drüskelle, ucucucucuc
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BABE, THERE'S SOMETHING SO TRAGIC ABOUT YOU, SOMETHING SO MAGIC ABOUT YOU, DON' YOU AGREE?
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shewolf ◇◆◇

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— disponibilité rp : (4/4) ivan, antosha, ilyah, famille.
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— 11.11.18 19:04 —


You are shaking fists & trembling teeth.  I know: You did not mean to be cruel. That does not mean you were kind.
Iseult tira ses cheveux dans un chignon strict, ses yeux maquillés, son visage pomponné, elle avait l’air riche, noble, si ce n’était pour ses yeux accablés d’un lourd fardeau. Le concordium avançait à grands pas et ses jours de femme libre allait bientôt prendre fin, alors que sa vie serait scellée à celle d’un autre. Lazar n’était pas un mauvais choix, au contraire, il était plaisant à regarder, était très bon Drüskelle, mais deux détails faisaient qu’il était tout ce qu’elle se devait d'éviter : il détestait les Grishas et était le cousin de son amant. La vie avait pris un malin plaisir à tourner toute destiné dans sa vie en un jeu cruel et très ironique. Si pendant des années elle avait pensé impossible de se fiancer à un Bytchkov, elle l’était pourtant aujourd’hui ; mais au mauvais. Elle soupira, regarda en l’air et demanda au bon Dieu, s’il existait, ce qu’elle avait fait pour mériter tel châtiment. Elle s’était, tout au long de sa vie, comportée comme la petite noble qu’on lui avait demandé d’être, enfermant ses lourds secrets dans une malle qu’elle était la seule à pouvoir ouvrir, et pourtant chaque minime petite seconde de sa vie au cours de ces dernières semaines rendaient la tâche de garder ses secrets secret très difficile. Iseult avait envie de taper dans un mur, elle avait envie de grogner, de frapper quelque chose, mais elle ne pouvait pas. Elle devait maintenir les apparences, elle devait toujours se promener avec un menton haut levé, fier pour ne pas élever quelconque soupçon. Cette mascarade l’aurait autrefois amusé, à présent elle ne faisait plus que l’épuiser. Elle était fatiguée d’être quelqu’un qu’elle n’était pas véritablement, parce que la vraie elle, voulait crier haut et fort ce qu’elle était, ce dont elle était capable et ce qu’elle ferait endurer à toute personne venant se mettre en travers de sa route. Mais c’était impossible, parce que si elle s’adonnait à cette terrible ambition, elle mettait également en danger ses frères et sœurs, son père et sa mère. La famille beauchamps devenue une honte par sa faute, et pour cette raison seule, elle n’osait pas crier à son oncle qu’elle était une Grisha et qu’elle rêvait jour et nuit de lui serrer le cœur jusqu’à l’explosion. Elle avait plusieurs fois rêvé de son corps sans vie, de ses yeux grands ouverts ne reflétant que la mort et la panique. S’il n’était pas encore temps d’avouer à quiconque ce qu’elle était, elle le ferait bientôt, elle en était convaincue. Chaque chose en son temps, qu’on aimait lui dire, et aujourd’hui il était malheureusement temps de se rendre au palais royal pour boucler les préparatifs de ses futures fiançailles.
Zorn leva la tête lorsqu’elle passa à côté de lui et grogna, mécontent d’être dérangé dans son sommeil. Iseult soupira et se laissa tomber à côté de lui. Elle caressa le haut de sa tête, pendant que ses yeux observaient l’horizon. Que faisait-elle, qui était-elle ? qu’avait-elle encore à protéger alors qu’il semblait que sa propre fratrie venait d’exploser en plusieurs fragments ? les lèvres pincées, elle déposa sa tête contre le mur et ferma les yeux. Peut-être que si elle dormait, on ne viendrait pas la déranger, peut-être que si elle tombait dans un coma pendant quelques mois, elle pourrait échapper à cette épée de Damoclès qui se balançait au-dessus de sa tête. Quelqu’un vint toquer à sa porte, la sortant, bien malgré elle, de sa torpeur. Elle se leva, fît signe à Zorn de la suivre et sortit de ses appartements, un sourire faux mais solaire mué sur les lèvres. Maintenir les apparences, être irréprochable, parfaite, voilà ce qu’elle devait être cette semaine. Puis, elle pourrait revenir à ses anciennes habitudes : tenter de manipuler son fiancé, courir après Antosha, fusiller Ivan du regard et continuer à espionner pour la résistance. Elle était toujours elle, elle avait toujours ses ambitions, ses objectifs et rien de ses devoirs de nobles ne pouvaient changer cela. N’est-ce pas ? Elle s’assit dans la calèche qu’on lui avait préparé, et fît signe au conducteur de partir. Iseult laissa ses yeux se balader sur les montagnes, sur la neige, sur la lumière du camp qui s’éteignait à chaque mètre qu’elle s’en éloignait. Son chez elle, ou plutôt son pire cauchemar, cela dépendait des yeux avec lesquels elle l'observait : ceux de la Drüskelle ou ceux de la Grisha. Les minutes passèrent, la laissant davantage se morfondre dans sa nostalgie frustrante. Puis, la calèche vint à une halte, elle ouvrit la porte et une main inconnue l’y accueillit. « J’ai vu le blason Beauchamps et il aurait été de mauvais ton pour moi de ne pas venir témoigner mes sincères salutations. » Ses yeux mirent un temps à s’accommoder aux ténèbres, pourtant elle était capable de reconnaître cette voix dans n'importe quelle situation. Ilyah. Ou plutôt Scythe Newton. Elle ne regarda pas même sa main tendue, ne leva pas même un sourcil, ne lui offrant pas la victoire d’avoir été remarqué par sa personne. Elle l’ignora, et descendit seule du véhicule, le menton davantage levé, comme pour prouver à son frère que tout allait bien, que tout n’était pas en train de tomber en ruines, que les flammes n’étaient pas en train de l’engloutir. Jamais, ô grand jamais, elle n’avouerait une seule seconde à Ilyah, ce traitre, qu’elle était malheureuse et qu’il lui manquait terriblement. Elle préférait crever, couper sa main, plutôt que de blesser sa propre fierté et son orgueil. « N’ai-je donc pas même le droit au respect m’étant du? Ou peut-être tes pensées sont elles accaparées par le concordium à venir. » Elle tourna la tête et le fusilla du regard. Il avait toujours aimé la provoquer, il avait toujours aimé être arrogant, un monsieur-je-sais-tout. Elle avait une pulsion meurtrière de lui couper la langue, lui briser les os, mais elle s’en empêcha. Il ne fallait pas qu’elle cède à ses pulsions colériques, elle n’avait pas le droit de lui donner raison : qu’elle était impulsive, parfois terriblement injuste. « Tes sincères salutations ? merci bien, mais je n'en veux pas Scythe Newton. A mes yeux tu n'es plus un Beauchamps, si tu en as été un un jour. » Elle ne pouvait pas lui pardonner d’être parti, d’avoir rejoint ceux qui donnaient si cruellement la Mort. Elle était décidée à ne jamais lui faire oublier à quel point il l’avait trahi, à quel point il l’avait blessé. Il avait laissé Ilyah derrière lui, l’avait effacé, pour devenir cette grotesque chose qu’elle ne reconnaissait pas. « Qui plus est si tu voulais mon respect cher frère, peut-être que tu n’aurais pas dû devenir un traître autant à ton sang qu’à ton peuple. Ton petit sourire arrogant et ta posture de monsieur-je-sais-tout ne changeront rien au fait que tu n’es plus mon frère mais bien l’ombre de ce qu’il était avant. » Elle lui sourit à son tour, un sourire dénudé de toute sincérité. « Maintenant, Ilyah, laisse-moi veux-tu, je suis sûre que tu as d’autres choses bien plus importantes à faire, comme par exemple ôter la vie d’un innocent. » Elle fît mine de rassembler les pans de sa robe, hocha la tête en sa direction et commença à s’avancer vers l’entrée du palais. Iseult espérait qu’il l’en empêche, qu’il s’excuse, qu’il lui dise qu’Ilyah était encore là, quelque part, qu’il fallait juste se donner la peine de chercher mais elle n'était pas sûre d'avoir le courage de le trouver.


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— statut civil : ( célibataire ) le cœur au charnier d’avoir aimé trop, trop vite. l’organe conspué d’avoir souffert face à l’indicible, l’inévitable d’une séparation. il regrette son amertume, méprise sa jalousie et pourtant ne sait comment s’en défaire quand il ne serra à jamais marié qu’à sa cause.
— pouvoirs : ( inferni) douloureusement assumé, il n'a jamais été donné au beauchamps d'oublier ses origines, ni la réalité de sa nature. pourtant indifférent au feu alimentant son être, cela fait longtemps qu'il rejetta cette part de son être.
— allégeance : ( l'ancien ordre ) pour toute école de pensée, les scythes sont sa famille et leur mission sa destiné. érudit suivant la voie de son maître, scythe sand, il continue à soutenir ce dernier malgré l'opprobe qui l'incombe.
— métier : ( scythe ), amant d'une mort les bénissant de son linceul, il est la main armée d'un destin qu'aucun ne peuvent éviter.
— nom de naissance : ( ilyah beauchamps ), identité oubliée au gré des ans. les soubresauts d’une mémoire lui rappelant l’issue d’une histoire différente. celle d’être un homme différent, peut-être un jour devenir parent. Il n’en était rien. il n’en sera jamais rien.
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— 24.11.18 14:57 —

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La mascarade était mortuaire, le ballet de leurs échanges un funeste enchaînement fait de pas de côtés et d’évitements. Tout était de travers, de leurs sourires émaciés à l’éclat dans leurs prunelles. Newton savait qu’il était délétère d’ainsi rechercher la présence de cette sœur d’une autre vie. Il savait ne plus jamais pouvoir trouver autre chose que des ruines là où s’était autrefois élevé l’empire de leur tendresse fraternelle. Ilyah les avait tant aimés, tous. En secret, sans un bruit. Aimé à s’en ouvrir les veines, si bien qu’il avait fini par s’éteindre à vouloir les protéger de leurs propres démons. Ivan n’était que l’ombre de lui-même. Iseult était rongée par la rage. Iris passait à côté de sa vie à vouloir tant la vivre. Théos et Cendre se consumaient en silence, souffrant le brûlant d’une naissance leur faisant porter le sacre de leur cause. Ilyah n’était plus qu’une ombre, le fantôme d’un souvenir qui se refusait à disparaître. Il eut été si aisé de s’éteindre en un dernier cri, admettre la vanité de leurs jeux et refuser l’eucharistie de sa destinée. La vie leur avait tout donné et pourtant voilà qu’elle leur arrachant tant. Elle excavait leurs bustes des secrets de l’univers, rongeant jusqu’à la moelle leurs rêves d’enfants afin de se repaître de leur malheur. La voûte sacrée de leur empire était trouée en son ciel, les sutures apposées à leur relation rien que des mensonges qu’ils nouaient entre leurs doigts dans l’espoir de ne jamais venir à lâcher la main de l’autre.
Leurs échanges étaient rouillés, balles perdues qu’ils avaient laissé leur échapper prétendant prendre l’autre pour cible quand s’était eux-mêmes qu’ils blessaient. De sa bravade arrogante à son port douloureusement altier, Newton peinait à la mascarade. Il souffrait son costume de plus en plus étroit, son arrogance de plus en plus glacée pourtant de moins en moins mordante. Le brun ne souhaitait qu’un signe, qu’une réaction de la part de sa moitié. Il ne voulait, qu’un instant, être autre chose qu’un fantôme hantant sa sœur. Rien de plus qu’une silhouette émaciée longeant les murs de sa demeure sans jamais pourtant y être invité. L’homme savait qu’il la hantait, il savait qu’il l’empêchait d’avancer et pourtant ne pouvait se résoudre à l’abandonner à ce chemin semé d’embûche auquel elle se destinait. Son indifférence était une souffrance que le scythe peinait à assumer. Bien malgré lui, le clébard ne put s’empêcher de mordre, s’en prendre à la main qui l’avait tant de fois absous de ses maux, si cela signifiait exister rien qu’un instant en ses prunelles. Toujours aussi précis, dévastateur, Newton ne laissait en son chemin qu’un champ de ruines. Triste contrée délavée par ses regrets. Il voyait fleurir le long du visage de sa sœur une rancoeur forgée par les années alors qu’elle ne pouvait s’empêcher d’effleurer la plaie, en mesurer la profondeur alors qu’elle laissait soin à la douleur de faire son office. Si elle crachait au visage de son opposée ses mots enragés, la brune n’en perdait pas de sa grâce. Les feux de sa colère une douce brûlure que le cadet assumait avec souffrance exquise. Il était douloureusement préférable de souffrir la présence de sa jumelle que d’assumer les affres de son absence. Tristement délectable d’ainsi tant manquer de l’autre qu’il ne savait plus qu’être sans commettre ces fautes qu’elle lui reprochait. Le regard posé sur la Beauchamps, il la jugeait des hauteurs de sa bienséance clinquante, l’éclat du vernis recouvrant le suaire de son sourire menaçait à tout instant de s’écailler. Le verbe était assassin, la répartie dirigée vers cet organe dont le scythe semblait pourtant exempt. Il essuya les mots de la jeune femme sans même ciller, sa complaisance délirante dégoulinant de ses traits alors qu’il attendait de la voir sortir les griffes.
Scythe Newton n’était pas un Beauchamps, il ne l’avait certainement jamais été. Si la brune cherchait à lacérer la droiture de l’homme de foi, c’était pourtant son propre frère qu’elle enterrait avec plus de diligence qu’il n’en fallait. C’était leur passée qu’elle lacérait sans se douter que le fossé entre eux ne faisait que s’agrandir à chaque ultimatum qu’ils se faisaient. Reviens-nous. Ne me laisse pas. Oublie Oublie Oublie Oublie nous. Oublie moi. Leurs lippes entrouvertes cherchaient clameur quand pourtant ils n’étaient que néant, le silence entre leurs bustes délassés invitants au souvenir de ces tourments au travers desquels ils s’étaient forcés. Le sourire que l’homme arborait était malicieux, souffrait une suffisance hautaine que les années avaient enseignée à celui qui autrefois n’était qu’ingénuité. Bravoure mal digérer quand bien même il essuyait les coups de l’univers, luttant contre du vent. Essuyant les mots de l’impie, Newton soutenait son regard quand bien même son visage se crispait face à ses remarques d’une vilenie sans pareille. Ilyah avait toujours eu une vulnérabilité certaine vis-à-vis de sa sœur, exhibant à cette dernière les parties les plus tendres de sa chair sans jamais croire qu’elle puisse un jour s’y attaquer. Mais la belle était sereine, compagne infidèle préférant sa rage à la fraternité de celui qu’elle répugnait de tout son être. La mâchoire crispée, les prunelles enflammées d’ainsi être grondé tel un enfant impudent, l’homme ébrécha sa lippe inférieure du bout de ses canines alors qu’il rêvait de fermer les poings pour retrouver leurs joutes d’enfants. Pour régler avec leurs mains ce que ni le temps ni leurs paroles n’avaient jamais su réparer. Exhalant péniblement, il savait sa soeur souffrir dans sa tour d’ivoire, cette dernière tentant vainement de rapiécer les fragments de quelque chose qui ne souhaitait être sauvé. Elle s’accrochait à une image, un idéal fané que tous avaient depuis longtemps abandonné à son agonie. Iseult avait toujours été espoir. Pourtant, c’était elle qui, aujourd’hui, les condamnait.
Le prénom s’échappa des lippes de la Beauchamps avec une familiarité innocente, presque indécente. Et voilà que l’homme sentait en son poitrail l’animal lacérer les barreaux de sa cage dans l’espoir de retrouver son clan. Dans l’espoir fou de s’arracher à cet hiver en lequel il se mourait à ne plus savoir quelle lune implorer afin de l’arracher à ses tourments. Déjà son aînée lui filait entre les doigts, figure fantomatique recherchant le confort du palais pour éviter la réalité flétrie et putride d’une relation qu’aucun des deux ne savait comment sauver. “Je ne te laisserais...”Les mots s’étaient éteints entre ses lèvres, comme tellement d’autres choses. Tellement de rêves et de trêves qu’il n’avait jamais osé tendre vers sa famille, des fleurs depuis trop longtemps fanées malgré les embruns ayant cherché à les fleurir. L’indifférence était la plus belle arme d’Iseult. Si tendre et pourtant déjà le brun pouvait en sentir la lame s’inviter entre ses côtes, déliant les sutures si soigneusement apposées là. La belle ne le regardait pas, ne lui adressa pas même un instant de doute, son pas leste s’éloignant toujours plus alors qu’il était figé sur le parvis à porter seul sa croix. “Iseult Beauchamps, je vous ordonne de vous arrêter!” Sa voix éclata dans l’auditorium de sa poitrine, le son se répercutant en sa bouche avant de prendre toute la place entre leurs deux corps froids. Un bras tendu vers sa soeur, injonction muette l’intimant à l’immobilité, il savait que l’intrépide finirait par le railler. Par moquer ses tentatives futiles d’user une quelconque once de pouvoir face à la louve qui se refusait si vaillamment à la mort. Mais que lui restait-il d’autre pour la retenir? Quel choix possédait-il si ce n’était celui de se consumer à ses pieds en espérant que pour la première fois en de trop nombreuses années elle le verrait. Vraiment. Réduisant la distance entre eux en de longues enjambées, il s’arrêta devant son reflet tout de sa rage se déversant de ses prunelles. “Tu n’as jamais eu de cesse de te plaindre de l’ordre Scythe depuis mon entrée en leur rang. Mais, dans cette histoire, la seule personne qui est juge, juré et bourreau, c’est toi.” La voix déliée par l’incertitude de ces vérités sur lesquelles il s’écorchait, Ilyah aurait souhaité ne pas souffrir cette fébrilité qui l’ébranlait en dedans. Il aurait aimé avoir cette assurance qui en permanence lui permettait de se tenir droit, défier l’univers sans jamais craindre son jugement. Pourtant, il craignait celui de la jeune femme lui faisant face. Tellement plus que tout le reste. “Si je ne suis plus ton frère, c’est parce que tu l’as voulu ainsi. Parce que toi et ton arrogance, toi et ta foutue supériorité, tu penses que tes idéaux bancals sont plus importants que ta propre famille.” La lippe retroussée par un dégoût qu’il n’avait jamais osé exprimer, il exhala péniblement avant de faire un pas en arrière, rendant les armes en cette lutte où personne ne finirait gagnant. “Tu es la raison pour laquelle la fratrie Beauchamps a implosé. Le mérite te revient, pas Ivan, pas moi. Alors, avant de me juger moi et cet ordre qui maintient l’équilibre sur Thormar, regarde-toi dans le miroir. Peut-être que ça te rentrera du plomb dans la cervelle.

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— âge : VINGT-NEUF ANS, vieille, c'est ce qu'on aime lui dire. majorité passée depuis maintenant bien des années, iseult est devenue femme, elle est devenue grande, forte, mature, terriblement capable d'ôter la vie à n'importe qui. les années se sont écoulées et iseult est toujours seule, si seule qu'on se demanderait parfois si elle ne terminera pas vieille fille, avec comme seule compagne son épée.
— statut civil : CELIBATAIRE, bientôt fiancée, l'échéance va tomber comme un gong, alors qu'iseult n'a jamais aimé qu'un seul homme et que celui-ci est cruellement hors de sa portée. elle n'avouera jamais ses sentiments, ni ses intentions, mais l'idée même d'être courtisée par un autre, promise à un autre l'offusque terriblement.
— pouvoirs : HEARTRENDER, Un pouvoir terriblement satisfaisant qui n'en laisse pas un indifférent. De ses longs doigts, elle sait faire courber l'échine à n'importe qui quand l'envie lui en vient, alors qu'elle tient entre ses mains les organes les plus vitaux d'un humain. Elle ne peut tuer, ne peut qu'immobiliser, mais c'est juste assez pour la faire jouir de la puissance de ce don qu'on lui a offert.
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— 24.11.18 21:41 —


You are shaking fists & trembling teeth.  I know: You did not mean to be cruel. That does not mean you were kind.
Iseult n’était pas encline à courber l’échine face à son frère ou tout du moins l’ombre de ce qu’il était autrefois. Le fait qu’il était Scythe ne l’avait jamais intimidé, pour cause, elle ne craignait pas la Mort et même si elle le faisait, elle était immunisée à celle-ci grâce ou à cause de la même personne qui lui faisait vivre un tel calvaire. Ilyah n’avait jamais été facile à vivre, tout comme elle et peut-être que dans leur trop plein de ressemblances ils auraient pu trouver un juste milieu, un truc qui les aurait fait tenir jusqu’à aujourd’hui. Mais leur relation s’était effilochée, complètement essoufflée. Et si autrefois elle savait exactement quoi faire ou quoi dire pour l’apaiser, ce n’était à présent plus du tout le cas. Ils marchaient sur des œufs dès qu’ils étaient en la présence de l’un et de l’autre et leur orgueil les rendait terriblement irascible. Elle ne savait pas tenir sa langue, ne savait pas cacher son mépris et sa déception, tout comme lui. Ils étaient déçus mutuellement par leurs actes, par leurs disputes qui ne finissaient jamais, par ce qu’ils avaient été autrefois, mais n’étaient plus aujourd’hui. Et comment effacer ce sentiment, comment gommer la rancune, comment la faire passer, comment réapprendre à s’aimer quand il semblait qu’aucun d’eux n’étaient prêts à le faire ? Iseult ne voulait pas comprendre et peut-être que finalement c’était de sa faute. Peut-être que tout était de sa faute. Elle ne pouvait l’accepter, elle pouvait peut-être tenter d’assimiler l’idée, mais le fait était qu’ils n’étaient plus une entité et que cela avait commencé bien avant qu’elle ne détonne son désarroi à l’égard de son frère. Ils étaient intéressés par de différents objectifs et si leurs idéaux n’étaient pas les mêmes, la fidélité du sang aurait dû l’être, mais Ilyah avait tourné le dos à ça et c’était pour cette raison qu’elle avait fini par le haïr un petit peu plus chaque jour. Où avait-il été quand elle avait eu besoin de lui ? disparu. Accaparé par sa nouvelle famille, par ces gens qui l’avait gâché, brisé, qui l’avait amoindri au rang de meurtrier et de tueur. « Je ne te laisserais.. »  Pas quoi ? elle continua sa route, faisant mine de ne pas être dérouté par cette interlude cruelle. Elle devait bientôt faire face à une noblesse terrible et ce genre de discussions, ce genre de disputes ne faisaient rien de bien à son anxiété déjà bien présente. Elle poursuivit sa route, bien décidée à ne pas lui donner la chance de la rattraper, même si elle le voulait terriblement, elle n’avait pas le temps et surtout pas la tête à ça. Parce qu’elle savait que ça finirait par des mots gâchés, crachés à la figure de l’autre, que ça finirait en drame, en une histoire interminable qui se répétait encore et toujours de la même façon. « Iseult Beauchamps, je vous ordonne de vous arrêter! » Il avait le don de l’étonner, la surprendre, et son ordre l’arrêta net dans son élan. Elle se retourna brusquement, lui faisant face. Face à elle se trouvait un Scythe, un Scythe qui n’avait pas peur d’infliger la mort, d’ordonner à sa sœur de s’arrêter, de l’écouter parce qu’il était au-dessus, supérieur. Et si elle avait pu, elle lui aurait craché aux pieds, elle lui aurait martelé contre l’épaule qu’il n’avait aucun droit, qu’il n’était pas en position de lui ordonner quoi que ce soit. Elle se contenta pourtant de grimacer et de le fusiller du regard. Ce regard noir, empli de rage et de colère, de cette sensation d’avoir été trahi qui ne se taisait jamais, qui ne faisait que davantage s’élever dans ses iris. Elle s’était arrêtée à l’instant, mais n’était pas prête une seule seconde de se taire, de cesser de lui tenir tête. Il se prenait peut-être pour un roi, une entité intouchable, mais il connaissait Iseult et Iseult connaissait Ilyah et tout deux pouvaient jouer à ce jeu indéfiniment.
« Tu n’as jamais eu de cesse de te plaindre de l’ordre Scythe depuis mon entrée en leur rang. Mais, dans cette histoire, la seule personne qui est juge, juré et bourreau, c’est toi. » Il y avait de l’accusation, de la rancune et une part de vérité qui pinça le myocarde de la jeune femme. Il avait raison, avec que très peu tort, mais elle se savait trop fière pour le lui avouer, pour lui dire que ce jour-là où il était parti, elle aurait dû sortir de sa chambre, elle aurait dû le prendre dans ses bras et lui avouer que tout irait bien. Qu’ils n’allaient pas continuer à se battre, que la guerre était terminée et qu’il n’y avait finalement pas de vainqueur. Mais c’était au-dessus de ses capacités de commotion, Iseult pensait toujours avec son cœur, son impulsion, ses poings, plutôt que sa cervelle et c’était peut-être bien là que reposait tout le problème. Au lieu d’aimer, d’accepter, de comprendre, elle lui avait tourné le dos ; mais lui aussi l’avait fait. Elle ne se voilait pas la face, savait qu’Ivan l’évitait parfois, qu’il ne voulait pas entendre un énième sermon et qu’Ilyah faisait de même, qu’elle les avait forcé, tout en voulant faire tout le contraire, de s’éloigner d’elle. Qu’elle était devenue un de leur problème, un de ces casse-têtes provoquant des migraines et ça la tuait un peu plus chaque jour. Mais si elle faisait un pas en avant, elle avait peur qu’eux en feraient trois en arrière. Ignorant son mal-être à elle. Parce qu’Iseult avait eu la mauvaise habitude de toujours de tenir droite, de toujours rire, sourire, de faire semblant que tout allait bien, que rien ne pouvait jamais la toucher. Elle était fière, orgueilleuse, une statue qui se haïssait dès qu’elle montrait un brin de vulnérabilité. Et peut-être que le monde la pensait forte et que peut-être que la terre toute entière pouvait penser qu’elle était injuste, trop peu empathique. Et peut-être qu’elle l’était, mais ça venait d’un truc dans ses entrailles, d’une peur d’être abandonnée, délaissée. Iseult sans ses frères n’était rien, mais ses frères sans Iseult étaient encore entiers. Et ça la peinait, la grisait, lui faisait ressentir les dagues qui s’étaient nichées non loin de son cœur. Alors elle leur en voulait, elle leur en voulait d’exister sans elle, alors qu’elle se traînait sans eux. « Si je ne suis plus ton frère, c’est parce que tu l’as voulu ainsi. Parce que toi et ton arrogance, toi et ta foutue supériorité, tu penses que tes idéaux bancals sont plus importants que ta propre famille. » Elle serra la mâchoire à ces mots, si elle avait repoussé ses frères, elle ne laisserait jamais la résistance les remplacer. Si un jour elle venait à devoir faire un choix, le sang Beauchamps restait, resterait pour toujours sa priorité. Certes elle se battait pour qu’ils la rejoignent tous dans la cause, mais jamais au prix de leurs vies ou de leur place dans la sienne. Elle s’approcha de lui, ses chaussures claquant contre les pavés. « Tu es la raison pour laquelle la fratrie Beauchamps a implosé. Le mérite te revient, pas Ivan, pas moi. Alors, avant de me juger moi et cet ordre qui maintient l’équilibre sur Thormar, regarde-toi dans le miroir. Peut-être que ça te rentrera du plomb dans la cervelle. » L’on disait que la vérité avait tendance à creuser un trou dans la poitrine, et c’était le cas, plus que jamais, aujourd’hui elle y croyait. Les mots, la rancune, les reproches, elle les entendait mais avait beaucoup trop de mal à les accepter. Si l’on regardait attentivement, peut-être que l’on pouvait voir l’humidité de ses yeux, ces larmes qui ne demandaient qu’à enfin sortir, qu’à se régaler de ses joues. Mais elle se contenta de déposer sa main sur le torse de son frère et le pousser. Elle n’était pas prête de l’entendre, d’entendre ses vérités, sa perception de ces dernières années. Il avait raison ; mais Iseult n’aimait pas avoir tort, encore moins quand ça lui enserrait violemment le cœur.
Elle passa la manche de sa robe sous son nez, pour effacer la frustration, la quelconque brèche qu’elle avait laissé apercevoir pendant quelques secondes. Puis elle pointa son doigt en la direction de son frère et appuya sur son torse. « T’as trouvé une nouvelle famille et t’as mis la tienne, la vraie derrière toi comme un chiffon. Tu as glané papa, et même s’il est encore vivant ça ne change rien au fait que tu lui as tourné le dos. » Un acte qu’elle n’avait jamais pu digérer ni lui pardonner. A ses yeux, cela avait toujours été un signe de sa réelle trahison, de son acceptation de ne plus appartenir, mais d’être autre chose, quelqu’un d’autre. Il avait osé tuer leur père, celui qui les avait élevé, protégé, et Iseult ne pouvait pas l’oublier. Peut-être qu’Ivan en était capable, mais pas elle. Si ça n’avait pas été lui, l’aurait-il fait à eux ? aurait-il pu regarder sa sœur dans les yeux et la glaner ? aurait-il pu glaner Ivan et faire comme si de rien était plus tard ? « Tu m’as tourné le dos, tu es parti, tu m’as abandonné. Alors j’ai peut-être aidé à la destruction de notre fratrie, mais je n’en suis pas le seul déclencheur. » Elle continuait à le pointer du doigt, elle continuait à être injuste, à être la pire version d’elle-même, mais elle ne pouvait pas faire autrement. « Où étais-tu quand père et mère étaient dévastés de ton départ ? Où étais-tu quand Cendre a glané son premier Grisha ? Où étais-tu quand Théos a paniqué et a presque révélé ce qu’il était ? Où étais-tu quand j’ai dû révéler à Antosha ce que j’étais ? Pas là. Tu étais avec eux. » Sa voix tremblait un peu, sa main libre se serra, son doigt reposant toujours sur le cœur de son frère. Il battait toujours, il était là, mais était caché derrière le pan de sa cape, cette chose qui symbolisait tout ce qui les avait séparé. Elle ne le comprenait pas, il ne la comprenait pas et finalement, dans toute cette incompréhension, Iseult était incapable de mettre de côté ce qu’elle chérissait tant : sa propre fierté. Se protégeant derrière ses murs d’orgueil, elle refusait de voir là où elle avait fauté. Elle aurait pu lui demander pardon, mais pardon pour quoi ? d’avoir une opinion ? de ne plus vouloir lui adresser la parole après ce qu’il avait fait ? et pour ça elle ne pouvait pas s’excuser, du moins pas encore, pas quand la plaie était encore béante. « Alors non, je ne m’excuserai pas de te juger ou de t’accabler de commentaires qui ne te plaisent pas. Je suppose qu’en tant que Scythe tu ne dois pas être habitué à ce qu’on te tienne tête » Elle grimaça. Elle connaissait leurs privilèges, cette peur qu’ils inspiraient, il y avait quelque chose de morbide chez eux, de terriblement glaçant. Et si cette personne face à lui portait les traits de son frère, il n’y avait là qu’un souvenir du passé, un Ilyah présent sans jamais vraiment l’être. Elle se demandait si sa conscience était intacte, si ce travail qui l’incombait lui donnait parfois des doutes. Si finalement être Scythe valait tous les sacrifices ou si la nuit, dans ses cauchemars il voyait le visage de ceux qu’il avait glané, comme de ceux qu’il avait laissé derrière lui lorsqu’il avait endossé ce nouvel habit. « Alors laisse-moi le faire pour d’autres, comme au bon vieux temps n’est-ce pas ou tu ne supportes plus l'écho ? » Parce qu’iseult lui avait toujours tenu tête, gamins, adolescents, adultes, quelques dynamiques ne changeaient jamais. Sa mère lui disait souvent que les deux étaient en conflit parce qu’ils étaient très similaires, bornés, arrogants, confiants. Et après réflexions, Iseult savait qu’elle avait raison. Iseult et Ilyah étaient deux bombes à retardement, ils étaient dangereux, imprévisibles et destinés à se provoquer. « Si mes idéaux bancals me sont importantes, elle ne viendront jamais remplacer ma famille. Je ne quitterai jamais Ivan, ou Cendre ou Théos ou encore Iris. Je suis en colère contre eux oui, mais au moins eux n’ont pas eu le culot de remplacer leur famille par une autre. Alors oui Ilyah je t’en veux parce que quand j’avais le plus besoin de toi tu n’étais pas là. Et tu n’es plus toi. Et je ne suis plus moi. Alors cessons et arrêtons peut-être là. Je ne suis pas sûre d’avoir un jour la force de te comprendre. » Elle serra les poings, grimaça et abaissa enfin la muraille de froideur qu’elle s’était évertuée à dresser en sa présence. Iseult qui semblait terriblement forte, terriblement sûre, si bornée, si arrogante, était en réalité un vieux chiffon, un truc épuisé, épuisé de lui tenir tête, de tenir tête à son jumeau, celui qu’elle avait tant aimé par le passé. Elle ne voulait plus crier, plus être frustrée, elle voulait juste que ça cesse, que ce bourdonnement dans son oreille s’arrête, qu’il parte, qu’il disparaisse, qu’il cesse de lui rappeler l’Ilyah d’avant et tout ce qu’ils avaient à présent perdu.


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— âge : ( vingt huit ) années passées à courir après le vent, le temps. passées à se faner de roses en épines à ne plus savoir où saigner que pour continuer à exister. il saigne et il aime l’enfant de la nuit, quand bien même tout cela lui est interdit.
— statut civil : ( célibataire ) le cœur au charnier d’avoir aimé trop, trop vite. l’organe conspué d’avoir souffert face à l’indicible, l’inévitable d’une séparation. il regrette son amertume, méprise sa jalousie et pourtant ne sait comment s’en défaire quand il ne serra à jamais marié qu’à sa cause.
— pouvoirs : ( inferni) douloureusement assumé, il n'a jamais été donné au beauchamps d'oublier ses origines, ni la réalité de sa nature. pourtant indifférent au feu alimentant son être, cela fait longtemps qu'il rejetta cette part de son être.
— allégeance : ( l'ancien ordre ) pour toute école de pensée, les scythes sont sa famille et leur mission sa destiné. érudit suivant la voie de son maître, scythe sand, il continue à soutenir ce dernier malgré l'opprobe qui l'incombe.
— métier : ( scythe ), amant d'une mort les bénissant de son linceul, il est la main armée d'un destin qu'aucun ne peuvent éviter.
— nom de naissance : ( ilyah beauchamps ), identité oubliée au gré des ans. les soubresauts d’une mémoire lui rappelant l’issue d’une histoire différente. celle d’être un homme différent, peut-être un jour devenir parent. Il n’en était rien. il n’en sera jamais rien.
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— 27.11.18 23:42 —

A truth should exist,
it should not be used
like this. If I love you
is that a fact or a weapon?


Le scythe faisait face à sa sœur, désarmé. Reflet brisé de son autre, ils se complétaient de toutes ces façonnes surannées, gâchées à trop s’être déchirée. Ilyah et Iseult arboraient les mêmes fissures, terribles meurtrissures ayant creusé les sillons de leurs êtres. Fragments d’une entité les dépassant, l’instant où ils avaient quitté la protection maternelle avait scellé cette blessure originelle qu’ils arboraient à même l’âme. Les triplés portaient ce vide à même la carne, cet absolu néant qu’ils avaient passés une vie à combler par la présence de l’autre. Aujourd’hui, les trois portaient le poids de cette absence. Un abysse sans fond coincé entre leurs côtés et, chacun à leur façon, ils cherchaient à endiguer la montée des eaux, les embruns et leur écume qui ne demandait qu’à briser leurs remparts et laisser place aux flots de leurs griefs. Newton était solitude. Newton était un empire de regrets. Il était rose fané ne tenant debout qu’à la rancœur de ses épines. Et il blessait l’homme. Il blessait l’ombre, à traverser la nuit en un sillon incarnat, étoile filante attendant un jour d’enfin rentrer chez lui. En attendant, il déchirait le ciel, le satin d’un firmament qu’il avait appris à vénérer avec plus de ferveur que la sainteté de son propre corps, ce nom qui lui avait été donné. Ilyah était devenu une ombre, un garçon sans maison, un corps sans esprit pour l’habiter. Newton était cavalier sans tête, poing armé d’une faucheuse qui n’enlaçait jamais ses enfants. C’était avec la diligence des individus de son rang qu’il accomplissait son labeur, bénissant le jour où Sand lui avait arraché le cœur, regrettant de ne jamais avoir pu enterrer celui qu’il était.
L’ordre était impétueux, se refusait à souffrir le moindre doute quand il desservait la grâce des cieux. Grondant comme un animal feulant après la lune, le brun se surprit à voir Iseult s’arrêter dans son élan. S’ébranla à ne voir rien de plus qu’une inconnue lui faire face, le dégoût qu’elle exhibait avec hargne la plus triste de ses armes. Les deux étaient réduits à se blesser mutuellement, animaux désireux de se libérer de ce poids sans plus savoir que faire à part s’en prendre à la chair de l’autre. Ils rongeaient leurs liens, rongeaient leurs os inconscients qu’à émietter leur opposé c’était eux-mêmes qu’ils lacéraient. La carne était tendre là où elle rencontrait le regret, là où elle enlaçait la honte. Si prompte à s’ouvrir sous les mots acérés qu’ils se jetaient au visage sans plus savoir qui des deux gagnaient dans cette lutte à couteaux tirés. Ilyah se déversait en torrent de mots, crachait ses accusations avec la rage d’un battant usé à force de se battre. Les doigts posés sur les pans de son être, c’était à la force de ses ongles qu’il dévoilait l’envers de sa carne, le trou noir coincé entre ses côtes. Pourtant, même sa fragilité était une arme, une autre lame qu’il usait maladroitement. Le Beauchamps savait qu’il n’était qu’une issue à leurs cœurs à cœurs défait, que de ces jeux d’enfants ils ressortiraient tous deux perdants. Le brun ne pouvait pourtant contenir l’ampleur de la plaie, adressant à sa moitié toute cette culpabilité qu’ils lui avaient abandonnée à même la carne, clouant leur sauveur sur une croix sans jamais se soucier du poids de sa sainteté.
Pour la première fois depuis longtemps, Ilyah contemplait sa sœur. Dans sa douleur, il la voyait véritablement. Défaite de sa superbe, de cette impétuosité qu’elle agitait devant toutes prunelles, la belle était elle-même clouée par le poids de ses sentiments. C’était elle qu’il blessait et pourtant c’était lui qui saignait. Lui qui menaçait de se répandre en embruns quand c’était elle pourtant qui devenait marée. Serrant les crocs, retenant entre ses lippes les soubresauts d’une reddition anticipée, l’homme contemplait sur le faciès d’Iseult les ravages de sa rage. Le tissu de sa robe portée avec lenteur à son visage, contenant avec mal les élans d’une âme tourmentée. Pourtant, déjà la belle perdait de sa candeur, faisait de toute douleur le combustible qui alimentaire le feu de ses déraisons. Déjà elle portait un doigt accusateur en sa direction, retournant contre lui chacune de ses fautes, le jugeant pour des actes qu’il n’avait pas choisi de poser. Détournant le regard, il inspira péniblement alors qu’il attendait la prochaine vague qui viendrait lui faire boire la tasse. Le brun ne pouvait mettre de mots sur l’épicentre de ses regrets. Il n’aurait su dire quel était l’acte qui, plus que les autres, l’empêchait de se regarder dans la glace. D’affronter ces prunelles délavées, ce faciès marqué par les années et surtout cette cape qui devenait de plus en plus lourde à porter. Il y avait eu le meurtre du père, acte consumé avec l’arrogance militaire d’un soldat envoyé au front. Le Beauchamps aurait aimé gronder, montrer les crocs et hausser la voix. Il aurait aimé lui cracher au visage que c’était soit leur père soit eux, elle et Ivan. Qu’il avait dû choisir entre le pire de ses maux, cherchant à faire le moins de mal. Il voulait lui dire, lui montrer les cicatrices qu’il gardait de cette nuit-là. Expliquer les larmes qui trempaient la tenue du dévot alors que, les mains sur le manche de sa lame, son père ne le quittait pas des yeux. Rien n’aurait pourtant pu exprimer cette souffrance-là, les graines de ces chrysanthèmes qui avait été semé à même ses prunelles quand il n’était plus qu’océan. Corps froid recouvert du carmin d’un autre quand sa mère le berçait tel l’enfant qu’il était redevenu un instant. Cependant, aucun mot n’existait dans leur langage pour témoigner la profondeur de cette affliction, le scythe forcé d’en porter le poids sans croire un jour absoudre ses démons.  
Le silence pour toute arme, forcé de combattre pour que les larmes ne soient pas perdues, Ilyah soutenait le regard de sa sœur plus rien que cette indifférence détachée glaçant ses traits. L’homme voyait dans les yeux de sa moitié ces eaux qu’il se refusait à déverser, cette humidité dans les prunelles qui ne demander qu’à tâcher leurs joues. Essuyant plus de reproches qu’il ne pouvait en porter, le Beauchamps était défait. Soldat de plomb aux membres désunis, il ne tenait en un morceau que grâce à la volonté de sa sœur. Celle-ci même qui avait fait de son souvenir la source de tous ses malheurs. Le dos droit, le cœur exsangue de s’être trop battu, d’avoir tant vaincu pour finir détrôné, le scythe était vide. Iseult continuait pourtant à creuser en son buste, ses ongles s’enfonçant jusqu’à la moelle de ses os pour en arracher l’immatériel de leurs souvenirs et le presser entre ses doigts. Pour que ne reste d’eux rien que ces éclats, fragments d’une mémoire commune travestie par cette rancune qui tachait tout, se refusait à laisser quoique ce soit intact. Le visage défait de toute vie, Ilyah exhalait péniblement, sa peau diaphane peinant à conserver sous son derme les étendues de ce néant qui s’étendait en son être. L’homme n’avait de réponse à offrir aux questions désespérées de la juge. Rien à lui offrir pour adoucir les bords de la plaie. Lui-même avait des sutures plein la carne, des champs de regrets qui lui labouraient la chair au point qu’il en soit devenu un nerf à vif.
Au plus Iseult énumérait le poids de ses absences, au plus Ilyah se décomposait. Il sentait la nausée nouer sa gorge alors qu’il découvrait ce que le silence de sa fratrie signifiait. À l’instar d’un fantôme hantant les portraits familiaux, l’homme avait perdu tout de sa superbe. Pas plus que l’ombre de ce qu’il avait été, il songeait à ses frères et soeurs et ces souffrances qu’ils avaient dû affronter sans lui. Serrant les crocs, serrant les poings, le scythe cherchait à s’accrocher aux filaments brisés de sa superbe. Cette arrogance flamboyante que son mentor lui avait apprise. Il cherchait à retrouver le tissu rapiécé de son indifférence, cette arme qu’il portait à même la carne tel un rempart entre lui et le monde. La vérité était autre, ailleurs. La vérité était une douleur qu’il ne savait comment assumer quand Iseult l’accablait de tous ses travers. Comme toujours, l’impudente était juge, jurée et bourreau. Quand elle en aurait fini de lui, ne resterait de l’homme de foi que des lambeaux. Ilyah n’avait pas la foi de s’éviter ce sort-là, essuyant sans plus de rage ces condamnations qu’elle énonçait avec toujours plus de rancune.
Enfin, ils en venaient au cœur. L’organe bafoué à force d’être ignoré par les jumeaux. Enfin ils arrivaient à la source de ces rancœurs, l’égo blessé d’avoir été rejeté. Les prunelles trop pleines, pourtant les lippes tristement désunies, l’homme n’avait que silence à offrir à sa soeur. Que son regard trop mouillé et ce sourire brisé qu’il ne savait comment ravaler. Il savait qu’aucun mot n’avait le don de panser la plaie, adoucir ces maux qu’elle affichait avec une candeur condamnée. Il savait qu’aucun acte ne pourrait effacer des années d’errances, d’absences consumées à la table de leurs désespérances. Statue marmoréenne figée en émois, l’homme se savait fait de marbre, la glace recouvrant son derme l’ayant laissé froid. Ilyah n’était que l’ombre de l’homme qu’il avait été, ce dernier défait de ce qu’il était le jour où il avait accepté le sacre de son rôle. Iseult contemplait le scythe, contemplait le monstre qui avait tué son père, réduit son frère au silence d’une vie qu’il ne pourrait jamais vivre. Elle contemplait celui qu’elle haïssait, le visage similaire à celui qu’elle avait tant aimé et pourtant à jamais douloureusement diffèrent. S’humectant les lèvres, il passa une main sur sa barbe naissante, détournant le regard un instant alors qu’il encaissait encore l’écho de ses mots. La mâchoire crispée, le cœur pendu à ses lèvres, il posa un regard dévasté sur sa sœur. Les secondes semblaient s’être faite heure, leur mutisme figeant les deux en un ballet brisé d’immobilité. Battant des paupières, tentatives inutiles d’endiguer les flots de ces eaux lui emplissant les bronches, il ne prit pas la peine d’écraser l’embrun rebelle dévalant le récif de ses cils avant de venir s’écraser sur ses pommettes. Sans un mot, sans un bruit, de peur d’affoler la louve, il tendit ses mains vers celle-ci. S’agrippant à la nuque de celle-ci avec une douceur fragile, il planta ses prunelles dans celle de sa moitié. Il avait des mots plein la carne, des plaintes plein la trachée. Pourtant, Ilyah, pour un instant, n’était qu’un silence plaintif, silence défait de toutes ces choses qu’il avait espéré. Ilyah était blessure, meurtrissure que le monde avait abandonnée à son âme bien des années auparavant déjà. L’espace d’un instant, il n’était que souffrance, celle-ci même qu’il se refusait d’éprouver depuis qu’il était devenu Newton. L’espace d’un instant encore, il était Ilyah. Juste Ilyah. Gamin revenu d’entre les morts pour gracier de sa douceur les vivants. Baisant le front de sa jumelle avec une lenteur blessée, il enserra cette dernière sans jamais rien dire. Les mots étaient de trop entre eux, ils l’avaient toujours été. Leurs silences plus parlants que tous ces regrets qu’ils cherchaient à exprimer.
Ses bras enroulés autour de la silhouette fluette de la Beauchamps, Ilyah sentait rompre en lui les remparts de son être. Ce mur qu’il avait pris tant de soin à bâtir pour tenir hors de portée ceux qu’il ne pouvait se résoudre à effacer de sa vie. Perdu dans l’infini de ces secondes peuplées d’éphémères, l’homme s’ébranlait, conscient que cette mascarade ne saurait perdurer. Inspirant péniblement, il sentait rouler le long de ses joues les douceurs fanées d’une vie qui ne serait jamais plus sienne. Portant à son faciès le tissu de sa manche, le brun sentit sa sœur s’agiter entre ses bras. La louve se débattait dans cette étreinte au goût d’adieu quand c’était elle qui souhaitait mettre fin à leurs joutes désespérées. Le coeur en miette, ravalant ces vérités qu’il ne savait comment assumer, c’était le visage défait de sa fragilité qu’il affichait ce sourire amer et arrogant qu’elle lui connaissait trop. Reculant d’un pas, un océan pour les jumeaux, il s’humecta les lèvres avec lenteur, se lacérant la langue sur le tranchant des mots à venir. “Quand j’avais besoin de toi, Iseult, je n’ai trouvé qu’une porte fermé et ta rancune.” Son nom était d’une lourdeur que le scythe peinait à manier, son ton monocorde soulignant difficilement le mal qu’elle lui avait fait à l’ignorer dans ses instants de doutes. “Je n’ai jamais rien voulu d’autre de toi que tu comprennes. Mais ça a toujours été trop à tes yeux d’accepter que ton frère puisse ne pas être ce que tu avais décidé pour lui.” Hochant négativement la tête en un signe désabusé, sa voix avait perdu toute chaleur. Ne restait en ses mots que le poids de ces réalités qui les rongeaient de l’intérieur. “Tu n’as pas perdu ton frère. C’est toi qui a décidé que la personne te faisant face ne méritait ni ton respect ni ton amour.

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